Café : Le Cameroun a produit 48.000 tonnes en 2009
La nouvelle campagne a été officiellement lancée vendredi dernier à Foumban.
Contrairement au prix d'achat du cacao au planteur, qui tutoie les 1500 Fcfa le Kilogramme depuis l'année dernière, la rémunération des cultivateurs de café n'a pas été des plus intéressantes sur la même période. A en croire le directeur général de l'Office national du cacao et du café (Oncc), Michaël Ndoping, qui s'exprimait vendredi dernier à Foumban à l'occasion du lancement de la campagne caféière 2009-2010, le café arabica a été acheté aux planteurs l'année dernière à un prix moyen de 400 Fcfa le Kg, tandis que la variété robusta, elle, était cédée aux acheteurs en moyenne à 600 Fcfa le Kg. Est-ce cette morosité des cours du café qui explique l'intérêt mitigé que les agriculteurs camerounais accordent désormais à ce que certains continuent à appeler, à tort ou à raison, "l'or vert" ?
En tout cas, à en croire le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, qui a présidé le lancement de la nouvelle campagne le 29 janvier dernier dans le chef lieu du département du Noun, "un rapide survol des statistiques indique, en effet, pour la campagne 2008-2009, une production commercialisée de l'ordre de 48.123 tonnes. Soit : 44.738 tonnes pour le robusta et 3.745 tonnes pour l'arabica. Si ce volume est sensiblement supérieur aux 47.700 tonnes de la campagne 2007-2008, qui restait la meilleure de ces quatre dernières années, il convient de relever la tenue préoccupante de l'arabica, qui passe de 5.198 à 3.745 tonnes. Et lorsqu'on connaît le poids de la demande de ce type de café sur le marché, l'on ne peut que s'en inquiéter et appeler à plus d'efficacité et de discernement dans la production".
L'autre motif d'inquiétude dans la filière café au moment où s'ouvre la campagne 2009-2010, selon les aveux à la fois du ministre du Commerce, de l'Oncc et du Conseil interprofessionnel du cacao et du café (Cicc), est la qualité du café produit au Cameroun. En effet, a révélé le Dg de l'Oncc, seulement 37% de la production caféière camerounaise de l'année dernière a été classée de qualité supérieure. "Ce qui signifie que par rapport à la campagne antérieure, la qualité n'a pas du tout évolué", a souligne le Dg de l'Oncc. Mais, malgré tout cela, a confié le secrétaire exécutif du Cicc, M. Timi Enouga, "le café camerounais continue d'être apprécié sur le marché international, et ses clients demeurent fidèles". Aussi, le ministre du Commerce a-t-il invité les producteurs de café à saisir cette opportunité pour booster la production locale, ce d'autant que "la demande quantitative des pays importateurs reste insatisfaite".
Et pour résoudre l'équation de la rémunération des paysans, a conseillé Luc Magloire Mbarga Atangana, "il faut produire intelligent pour vendre efficace. Les spécialistes sont, de ce point de vue, unanimes. Pour faire face à la conjoncture actuelle du marché mondial des cafés, seule la promotion des cafés spéciaux et durables ainsi que des cafés portant une indication géographique semble offrir de meilleures perspectives". En d'autres termes, explique le Dg de l'Oncc, si les torréfacteurs, au lieu d'aller à la conquête du marché global sollicitent davantage les marchés de niche désireux de types de cafés bien précis ; la conjoncture internationale (fluctuation du dollar, loi de l'offre et de la demande…) ne pourra plus influencer les cours de leurs produits. Et par effet domino, les producteurs des cafés ainsi demandés seront forcément mieux rémunérés.
Brice R. Mbodiam
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