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Jean-Paul Fouda Ottou : Nous avons fait un déficit

Ajouté le 06/01/2010
Jean-Paul Fouda Ottou : Nous avons fait un déficit de 7 millions de Fcfa.

Le secrétaire permanent de l'Ipavic estime que la foire au poulet 2009 a été un gouffre à sous pour son organisation.

Quel bilan faites-vous au terme de la 3e édition de la vente promotionnelle du poulet organisée à la fin de l'année par l'Interprofession avicole du Cameroun (Ipavic)?
Au terme de cette troisième édition de la foire au poulet, nous pouvons dire que l'Ipavic a rempli sa mission à la satisfaction est générale. Nous avons terminé cette édition avec un stock disponible de poulets pour toutes les villes concernées par cette opération.

Au niveau des quelques marchés témoins de Yaoundé, l'on a noté une forte affluence. Pourquoi n'envisagez-vous pas la multiplication du nombre de sites à l'avenir un peu partout dans la capitale?
Effectivement, nous avons enregistré des bousculades non seulement sur les sites que vous citez, mais également sur le site de l'esplanade du stade omnisport où nous avons été sollicités à la dernière minute par le gouverneur de la région du Centre dans le cadre de la foire agro pastorale. Il y avait également foule dans les deux autres points de vente ouverts par le ministre du Commerce au niveau de ses services et à la délégation régionale dudit ministère dans le Centre. Vous voyez donc que la préoccupation de multiplier les centres de commercialisation du poulet pendant les foires promotionnelles est intégrée dans notre démarche avec l'ensemble de nos partenaires. Mais, je dois aussi avouer que cette multiplication des centres de commercialisation nous a causé quelques soucis à cause des difficultés réelles dans la mobilisation d'importants moyens logistiques qu'elle exige. Cela a été perceptible les 20 et 21 décembre derniers à Yaoundé.

Les citoyens d'autres régions du Cameroun se sentent lésés par ce que vous faites. A quand une véritable couverture nationale de l'opération poulet à 2200 Fcfa en fin d'année?
Les citoyens des autres régions se sentent lésés, s'agissant d'une opération nationale, de ne pas pouvoir bénéficier des mêmes privilèges que ceux des régions dans lesquelles la foire au poulet est organisée. A l'Ipavic, nous justifions cela par des difficultés de transport du poulet vif des bassins de production vers certains bassins de consommation (du sud vers le grand nord, par exemple), l'absence d'un conditionnement du poulet pouvant autoriser l'approvisionnement, dans de meilleures conditions d'hygiène, des zones éloignées des bassins de production.

Combien, en termes financiers, l'édition 2009 vous a-t-elle rapporté?
Cette question me donne l'occasion de mieux informer l'opinion publique nationale qui pense, à tort, que ces opérations rapportent de l'argent à l'Ipavic. Les subventions de l'Etat sont octroyées directement aux producteurs pour leur permettre de baisser leurs coûts de production et de vendre, par conséquent, à un prix accessible, négocié d'accords partis, le poulet de chair aux consommateurs. Nous avons pour obligations de jouer le rôle d'interface entre l'Etat et les bénéficiaires dans l'identification du besoin et l'attribution de la subvention; de s'assurer que la subvention reçue est utilisée à bon escient par le bénéficiaire; de s'assurer que ces bénéficiaires vont honorer les engagements pris, en leur nom, par l'Ipavic. Aucune subvention n'est donc accordée à l'Ipavic en tant qu'organisation.
Cependant, pour garantir le respect des engagements de la filière avicole, nous avons émis la proposition de création des marchés des producteurs dans lesquels les prix pratiqués seront ceux négociés et serviront, pour l'ensemble des autres marchés, de prix de référence. Par ce système, nous entendions atténuer les tensions spéculatives sur le poulet pendant les fêtes de fin d'année. La gestion de ces marchés de référence constitue plutôt une charge pour l'Ipavic et non un gain quelconque. Pour une édition comme celle qui vient de se dérouler, le bilan provisoire fait état de 27 millions de francs Cfa de dépenses sur l'ensemble des marchés. Ces dépenses étant réparties entre les frais d'approvisionnement des marchés; la rémunération des différents acteurs (vendeurs, superviseurs, contrôleurs, manutentions diverses…); les frais de gardiennage; les frais de collecte et de ramassage des ordures; les frais de communication et de publicité.
Pour les éditions antérieures, nous avons bénéficié, pour le financement de ces charges, du soutien du ministre du Commerce qui a contribué à hauteur de trois millions de francs Cfa et a entièrement financé l'édition spéciale consacrée à la fête internationale de la femme à concurrence de six millions de francs Cfa. Pour l'édition 2009, ces dépenses sont intégralement supportées par les ressources propres de l'Ipavic. Et sur ce bilan provisoire, nous enregistrons un déficit sur notre budget prévisionnel de sept millions de francs Cfa environ.

Propos recueillis par Sainclair Mezing

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