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Essimi Menye : L'omniministre

Ajouté le 06/01/2010

Le ministre des Finances aura été sur tous les fronts au cours des 12 derniers mois.

Le 30 novembre 2009, au cours de la plénière d'adoption du budget 2010, Essimi Menye, ministre des Finances, déclare que "le salaire est un caillou dans la chaussure du gouvernement". Devant les députés, le gardien de la fortune publique indique que la masse salariale du Cameroun dépassera les capacités de réaction de l'Etat, au vu de son volume qui tutoie 53 milliards de Fcfa par mois, soit 50% des dépenses courantes de l'Etat. Aussi, ses inquiétudes s'accentuent-elles avec l'hypothèse de l'augmentation des effectifs dans la fonction publique, notamment avec les recrutements et les divers avancements devant être suivis d'effets financiers dès janvier 2010. Ce qui fera gonfler davantage les charges salariales, déjà largement au-dessus des standards internationaux, selon l'argentier national.

Ces inquiétudes venaient couronner une année dense pour le ministre Essimi Menyé. Ce dernier s'est en effet retrouvé sur tous les fronts en 2009. Energie, transport, développement, festivités, etc. ont occupé le Minfi. Lors de la célébration des 50 ans de l'Enam, on l'a vu aux côtés du président de la République, cheminant fièrement avec lui tout le long de l'exposition organisée à cet effet. Pour faire face aux ravages de la crise financière, contrairement à une annonce hâtive d'Essimi Menyé qui avait déclaré que le Cameroun n'aura plus besoin de l'argent du Fmi, le chef du gouvernement, Ephraïm Inoni, va demandé et obtenir un prêt modique de 70 milliards de Fcfa de cette institution financière internationale au mois de juillet 2009.

Sur le projet de construction de la centrale à gaz de Kribi mené par la Kpdc, le ministre des Finances semble s'être accaparé le dossier au détriment du ministre de l'Economie, de la planification et de l'aménagement du territoire, Louis Paul Motaze, lequel n'a pas fait le déplacement du ministère des Finances, à l'opposé de son collègue de l'Eau et de l'énergie Michaël Tomdio, lors de la réunion avec les bailleurs de fonds intéressé par ce projet. C'était le 11 novembre dernier. L'attitude stoïque de certains membres du gouvernement à l'égard du débordement d'activités du grand argentier tranche avec la grogne de certains de ses collègues qui crient à l'envahissement.

C'est ainsi que Maïgari Bello Bouba, ministre d'Etat en charge des Transports, n'a pas caché son mécontentement lors de la réception du Dja de Camairco, de retour de plusieurs mois de révision en Europe, au motif que le ministre Essimi a éclipsé les principaux acteurs de l'évènement. Ce qui a occasionné le courroux de Bello Bouba, qui a mal vécu sa mise à l'écart dans la gestion du retour de cet avion, parti en réparation en Irlande des mois plus tôt dans les mêmes conditions, sous Gounoko Haounaye, son prédécesseur au ministère des Transports.

P. C. A.

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