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Le 15 septembre 2008, des journalistes suisses et africains se retrouvent au Centre romand de formation des journalistes à Lausanne (Crfj) en Suisse. C’est dans le cadre de la 2e édition du programme dénommé « En quête d’Afrique », organisé conjointement par le Crfj représenté par son directeur, Eliane Ballif ; l’Agence Infosud par Daniel Wermus ; la Fondation Hirondelle par Jean-Marie Etter et la direction du développement et de la coopération représentée à cette occasion par Jean-Philippe Jutzi, chef suppléant de la division Médias et Communication. Dans son propos, ce dernier présente cette édition différente de la première en ce que, pour cette sortie, les tandems ont un thème unique : l’eau. Le sujet est important à plus d’un titre.
Comme le souligne le rapport sommaire de World Water Vision cité par David B. Brooks, spécialiste des ressources naturelles auprès du Centre de recherches pour le développement international à Ottawa au Canada, dans son ouvrage L’eau, gérer localement, « les pénuries d’eau résultent d’une gestion irresponsable qui entraîne pour des milliards de personnes – et l’environnement – de graves problèmes ». Aujourd’hui, soutient ce géologue et économiste, « l’accès à l’eau potable fait défaut à plus d’un milliard de personnes. Au cours des 25 prochaines années, le tiers de la population mondiale fera face à une grave pénurie d’eau. De toute évidence, les inégalités quant à la disponibilité et à l’approvisionnement d’eau douce sont une question de vie ou de mort, et constituent, en matière de gouvernance, un des impératifs les plus catégoriques de nos temps ».
La rareté de l’eau a donc des incidences sur tous les habitants de la planète. Dans les pays les plus prospères, elle freine la croissance économique et diminue la qualité de vie. Ces conséquences sont plus dramatiques dans les pays en développement. Ici, le manque d’eau potable en quantité suffisante engendre des maladies, ralentit le développement, exacerbe les inégalités de revenus, limite les possibilités, et compromet la survie de sociétés entières. Malheureusement, décrie cet auteur, «…les démarches peu judicieuses entreprises pour la contrer sont désastreuses pour le milieu naturel ».
Au Cameroun par exemple, la gestion de l’eau potable pour le grand public a été confiée à des opérateurs privés. C’est l’objet du reportage à Douala de Anne Pitteloud du journal Le Courrier, quotidien indépendant paraissant à Genève (Suisse), partenaire du quotidien Le Messager qui à son tour interroge la distribution de l’eau chez les Genevois. Ici, malgré le vent de privatisation qui souffle sur l’Europe dans ce secteur, les populations se battent au quotidien pour la maintenir dans le domaine public. L’avantage est qu’au final elles ont une bonne eau et un service de meilleure qualité. Cet exemple peut être suivi par les populations camerounaises. Dans l’interview accordée par Alberto Velasco, un activiste, on sait désormais comment.
Le lancement des reportages s’est fait sous la conduite de Roger de Diesbach et Atanase Karayenga, respectivement ancien rédacteur en chef de la Liberté et chef de projet à la Fondation Hirondelle. Les reporters avaient chacun une semaine pour cerner cette problématique. Ci-contre les productions faites à Douala par Anne Pitteloud du Courrier et à Genève par Nadège Christelle Bowa du Messager.
Coût trop élevé, qualité médiocre, accès difficile: l’eau est un problème pour trois quarts des habitants de la capitale économique du Cameroun. Le gouvernement vient de privatiser le secteur de la distribution et de la commercialisation. Reportage.
L’eau n’est pas considérée comme une nécessité. Elle reste un luxe que tout le monde ne peut pas se payer.» Brigitte en sait quelque chose, qui fait vivre un ménage de sept personnes avec son salaire de serveuse – 40 000 Fcfa par mois. Pourtant, la jeune femme fait presque figure de privilégiée: dans la cour de sa maison du quartier de Bépanda, à Douala, coule un robinet. Le Cameroun compte actuellement 273 000 abonnés au réseau d’eau potable pour plus de 17 millions d’habitants. La situation des grandes villes est catastrophique: à Douala, comme dans la capitale Yaoundé, trois quarts de la population n’a pas accès individuellement à l’eau potable et moins de 40% des ménages sont raccordés au réseau, selon le dernier rapport (2007) de l’Institut national de la statistique.
Fleuves et rivières, nappes phréatiques, saison des pluies: l’eau ne manque pourtant pas dans cette région fertile. «Le gros du problème, ce sont les quartiers qui émergent de façon spontanée», analyse Paul Mpoulet, délégué régional du ministère de l’Eau et de l’énergie. «La population de Douala a explosé et l’Etat n’arrive pas à suivre. Les gens s’installent car ils ont trouvé un lopin de terre, même s’il n’existe aucune infrastructure; ils s’arrangent pour tirer l’électricité jusqu’à leur maison, mais n’ont pas accès à l’eau.» A cela s’ajoute l’incurie de l’Etat. «Pendant vingt ans, l’Etat n’a rien investi dans le secteur de l’eau, touché lui aussi par la crise économique», relève Serge Essouma, responsable de la communication à la Camerounaise des eaux (CDE), consortium marocain qui a pris en charge la distribution et la commercialisation de l’eau potable depuis cet été. Le gouvernement espère que la récente privatisation du secteur créera un dynamisme à même d’améliorer la situation.
Parcours du combattant
Il est encore trop tôt pour en juger. Pour l’heure, les habitants de Douala continuent à se débrouiller comme ils peuvent. Dans les quartiers populaires de Bépanda et de New Bell, on se montre sceptique face aux promesses des autorités. «On promet beaucoup mais on ne réalise rien, on a beau expliquer notre situation, écrire, on ne nous répond jamais», dénonce Brigitte. Dans la cour de leur maison de Bépanda, Brigitte et Jacqueline préparent des bananes plantains entourées d’enfants. L’habitation donne sur une rue en pente, bordée de rigoles où s’écoulent l’eau de pluie et les eaux sales. Le sol de terre rouge, défoncé, est inondé. Spectacle banal: «Les conduites enterrées sont mal protégées, le sol est raviné par les pluies et les voitures qui passent cassent les tuyaux», explique Brigitte. «Notre facture, qui est normalement d’environ 8000 Fcfa par mois, grimpe tout à coup à 25 000 ou 30 000 Fcfa et on ne comprend pas pourquoi: c’est qu’on continue de payer l’eau qui s’échappe du tuyau rompu, parfois pendant des semaines.» De plus, c’est au propriétaire du compteur de payer la réparation.
Autant de frais qui s’ajoutent à ceux de l’installation du compteur – environ 100 000 Fcfa. D’autant qu’«il faut ensuite payer la canalisation pour que le branchement arrive jusqu’à chez soi», continue Brigitte. Obtenir un compteur relève par ailleurs du parcours du combattant, avec des délais de six mois, voire une année d’attente entre la demande et l’installation. Autres frais imprévus: lorsque le compteur est bloqué, la facture est évaluée selon un taux mensuel forfaitaire de 20 000 Fcfa, «pas du tout basé sur la consommation réelle, sur les anciennes factures!» s’insurge Brigitte. A nouveau, changer de compteur revient à attendre plusieurs mois.
Pour beaucoup, être abonné au réseau revient donc trop cher. La majorité de la population achète l’eau chez un voisin qui dispose déjà d’un compteur. Celui-ci, responsable des dégâts et des réparations, vend son eau plus chère qu’il ne l’achète. Une fillette arrive d’ailleurs chez Brigitte pour remplir un bidon: 10 litres d’eau potable, à 15 Fcfa, pour six personnes et deux jours. Au final, la facture de sa famille s’élèvera à environ 15 000 Fcfa par mois.
Problèmes sanitaires
«L’eau est trop chère et elle n’est même pas potable», déplorent Brigitte et Jacqueline. «Ceux qui en ont les moyens utilisent un filtre avant de la boire: si on la laisse reposer il y a des dépôts jaunes au fond.» C’est que les canalisations, vétustes, ont rouillé. L’eau minérale est bien sûr trop chère pour ces familles.
De l’eau de source, plus pure, est vendue aux bornes fontaines installées dans certaines rues. A New Bell, des fillettes font la queue à la fontaine installée en face de la maison de Justin, assis devant sa porte. C’est là qu’il achète lui aussi son eau, à 25 Fcfa les 15 litres, qui durent deux jours. «C’est pour boire. Le reste est tiré au puits.» Dans ce quartier où agressions et vols à la tire sont monnaie courante, commis par les «enfants de la rue», ces adolescents désœuvrés, ils sont une minorité à pouvoir se payer un compteur. A côté de chez Justin, une échoppe vend de l’eau de forage à 50 Fcfa les 1,5 litres. C’est là que François, un voisin, s’approvisionne. «On paye en fait le transporteur qui l’achemine à Douala», explique-t-il. «Car ces forages appartiennent à des sociétés commerciales actives dans différents domaines, qui mettent l’eau gratuitement à disposition des populations.»
A Bepanda comme à New Bell, l’eau du puits reste indispensable pour se laver, faire la cuisine, la lessive, etc. Le quartier verse une petite contribution pour financer son entretien. Mais cette eau, non potable, provoque souvent des maladies – maux de ventre, amibes, vers, etc. –, surtout chez les enfants qui l’avalent par mégarde en se lavant. Mêmes problèmes sanitaires avec l’eau du robinet vendue dans la rue, emballée dans des bouteilles en plastique récupéré où elle se conserve mal. Enfin, en l’absence de tout système collectif d’assainissement des eaux usées, plus de 85% de la population urbaine utilise des modes d’assainissement individuel avec tous les risques de pollution que cela implique. Les fosses septiques, souvent trop proches des puits, contaminent les nappes phréatiques. En 2004, une épidémie de choléra s’est déclarée dans six des dix provinces du pays. Le volet assainissement devrait être pris en charge par la Camerounaise des eaux dans un deuxième temps.
Coupures fréquentes
Mais «au moins, avec le puits, il n’y a jamais de pénurie», remarque Jacqueline. C’est que les coupures d’eau, dues à des problèmes de pression, sont fréquentes à Douala et la situation est souvent kafkaïenne. Certains quartiers n’ont plus d’eau depuis deux mois; les abonnés continuent de payer la location mensuelle de leur compteur, tout en achetant l’eau ailleurs, ce qui grève leur budget. «Les gens paient de peur qu’on leur enlève le compteur», explique Jacqueline, tout comme ils respectent les délais malgré leurs difficultés: l’amende forfaitaire pour un retard de paiement grimpe à 5000 Fcfa, l’eau est coupée le lendemain, le compteur enlevé, et «pour le redémarrer, on doit attendre des mois et ça coûte encore», critique Brigitte. «Alors on va au guichet, on fait la queue, on se fait agresser, il faut s’aligner, faire des courbettes pour payer, monnayer le vigile pour aller plus vite...»
Mais pour les autorités, le prix de l’eau reste tout à fait abordable. «Ceux qui ont des difficultés ne vivent pas forcément dans les zones couvertes par le réseau mais utilisent l’eau des forages ou des sources», note Paul Mpoulet. Abdellah Allouche, directeur technique de la CDE, salue quant à lui le fait que 90% des Camerounais paient dans les dix jours comme exigé. «Ce n’est pas vrai qu’ils sont démunis.»
Le 30 novembre 2008 marque le 19e anniversaire du décès de l’ex-chef de l’Etat du Cameroun. Le brouillard est toujours épais sur le retour de ses restes au pays.
Bien que décédé le 30 novembre 1989 à Dakar au Sénégal, la mémoire de Ahmadou Ahidjo continue de hanter le pays tout entier et particulièrement le septentrion. Si aucune manifestation n’est annoncée pour commémorer le 19e anniversaire de sa disparition à Ngaoundéré, Garoua ou Maroua, il semble évident que le débat sur le rapatriement de sa dépouille mortelle va rebondir dans ces régions et au-delà. En octobre 2007, au cours d’une interview sur la chaîne de télévision française France 24, Paul Biya, son successeur a été formel : "Le problème du rapatriement de la dépouille de l’ancien président est selon moi un problème d’ordre familial (…). Si la famille de mon prédécesseur décide de faire transférer les restes du président Ahidjo, c’est une décision qui ne dépend que d’elle", déclarait-il.
A l’époque, le débat avait fait rage avec en toile de fond une question : à qui appartiennent les restes de Ahmadou Ahidjo ? Pour le fils du défunt, Mohamadou Badjika Ahidjo, "c’est bien le gouvernement qui doit prendre cette initiative et nous sommes disposés à collaborer (…). J’estime que la démarche revient à l’Etat". Dans cette posture, il est rejoint par de nombreux hommes politiques du Grand nord dont Issa Tchiroma, Saïdou Maïdadi Yaya (secrétaire général de l’Association Remember Ahmadou Ahidjo). Pour ces leaders et bien d’autres, l’ex-chef de l’Etat n’appartenait plus à sa seule famille. Le rapatriement de ses restes va sceller la réconciliation nationale. Une autre frange de l’opinion pense qu’en tant que musulman, Ahidjo peut reposer où il est décédé, c'est-à-dire au Sénégal. Certains dignitaires religieux de la ville de Garoua ne cachent d’ailleurs par leur crainte de voir le retour des restes d’Ahidjo dégénérer en insurrection populaire compte tenu de la charge émotive que l’évènement va charrier.
Des palais pillés
La troisième voie milite pour une entente entre la famille et l’Etat pour vider ce qui apparaît comme un contentieux historique. Après les commentaires nourris consécutifs à la sortie de Paul Biya sur France 24, le débat s’est quelque peu éclipsé, jusqu’au mois d’avril 2008 lorsque l’on signale que l’ex-président du Bénin, Emile Derlin Zinsou manœuvre pour le rapatriement du corps son ami intime. A cet égard, Il se racontait que ce dernier essayait d’harmoniser les positions de Paul Biya et de Germaine Ahidjo à ce sujet. L’on annonçait alors avant la fin de cette année 2008, des obsèques officielles à Garoua et Yaoundé pour l’ex-chef d’Etat camerounais, cérémonies qui devait culminer avec la mise sous terre de ses restes dans la périphérie de la capitale régionale du Nord.
Approché à Garoua à propos de ces tractations, Mohamadou Badjika Ahidjo avait avoué, tout étonné, ne pas être au courant. Toujours est-il que l’opinion publique sera de nouveau tenue en haleine pendant quelque temps et puis, peut-être, plus rien. Sinon une initiative isolée d’une association nommée Justice-Plus. Laquelle se proposait de saisir le président français Nicolas Sarkozy pour que ce dernier fasse pression sur son homologue camerounais au sujet de l’affaire. Alors que le 30 novembre 2008 approche irrémédiablement, doit-on désespérer de voir Ahmadou Ahidjo reposer sur la terre de ses ancêtres ? Faute de lire dans une boule de cristal, l’on est réduit à constater que son héritage est en ruines, notamment dans le Grand nord. Que ce soit à Mayo-Oulo, Maroua ou Garoua, son patrimoine immobilier a été pillé et abandonné. A Ngaoundéré, ses propriétés foncières ont été arrachées ou vendues aux plus offrants.
Certaines populations désespèrent déjà en attendant le début effectif des grands travaux annoncés, alors que d’autres les redoutent.
Il ne se passe plus un seul jour à Kribi sans que le début effectif des travaux de construction de la centrale à gaz de Bipaga, de la centrale de Mpolongwe et du projet de port en eau profonde ne fasse l’objet de spéculations. De Grand Batanga à Mpolongwe en passant par Londji et Kribi, les commentaires et les discussions vont bon train, car le lancement de ces travaux serait synonyme de fin de calvaire (?) pour les nombreux chômeurs et les populations de l’Océan. Si bon nombre reste confiants quant au démarrage des travaux, le scepticisme reste de mise. “ Depuis mon enfance, on nous parle du port en eau profonde de Kribi. Je crois que c’est une tactique du parti au pouvoir pour tenir en laisse les populations. Je suis presque sûr que ce n’est pas aujourd’hui que ces grands chantiers seront lancés. Sous le Renouveau il y’a eu combien de grands projets réalisés ? Ce sera plutôt à l’orée des élections qu’on va poser les premières pierres et les évoquer comme bilan. Nous prions néanmoins chaque jour pour que ces projets démarrent effectivement pour le développement de la ville ”, lance le jeune Ngoun Michel qui se débrouille dans la vente de la friperie. “ L’annonce de ces projets nous rend la vie difficile ici à Kribi alors qu’on n’est même pas sûr du démarrage. Tout est devenu cher dans la ville. La nourriture vaut son pesant d’or. Les bailleurs sont devenus difficiles à vivre. Pour pouvoir acheter maintenant un petit lopin de terre même dans un coin reculé de la ville, il faut être un bourgeois car les propriétaires terriens disent qu’ils attendent le démarrage des travaux et la venue des étrangers afin de pouvoir vendre le mètre carré de terre plus cher. La même erreur avait été commise lors du tracé du pipe-line. Les bailleurs faisaient sortir les gens de leurs maisons pour les louer aux étrangers, d’autres engageaient les grandes constructions pour les louer plus chers. Mais dès le départ des travailleurs que reste-t-il ? ”, déclare M.Ngassa, un habitant de Petit-Paris.
Inquiétudes
“ Nous sommes prêts ici à Grand-Batanga, même comme on dit qu’on va nous déloger. Nous attendons cela parce qu’on doit nous dédommager très cher pour que nous acceptions de partir de ce site sur lequel nous nous trouvons depuis des lustres ”, déclare un habitant de Grand-Batanga. A Bipaga, on est plus amer. “ Ce projet de Bipaga ne va pas commencer tant que l’Etat ne nous dédommage pas. Nous ne partirons pas d’ici même si l’armée arrive. Tant que les travaux de la centrale à gaz de Bipaga et la centrale thermique de Mpolongwe ne sont pas achevés, les travaux du port en eau profonde ne peuvent pas commencer car le matériel à utiliser a besoin de beaucoup d’énergie alors que dans la ville il y’a certaines maisons dans le noir parce que la tension électrique est faible”, selon un notable de cette localité.
Un directeur du projet a déjà été nommé dans le cadre du port en eau profonde et du coté de Bipaga, la délimitation effective du site a été remise à plus tard avec à l’appui l’arrestation des différents acteurs impliqués dans le détournement de 656 millions de francs, frais de dédommagements des populations de BipagaI.
Pour les éclairés, la question n’est pas de savoir quand est-ce que les travaux vont commencer, mais de savoir si ils seront menés à terme. Un scepticisme largement partagé dans la cité balnéaire, où il se dit qu’en 26 ans de Renouveau, aucun projet n’a atteint effectivement sa phase finale.
Silence, le délégué inspecte les unités de production
La délégation régionale du ministère de l’Industrie, des mines et du développement technologique (Minimidt) pour le Littoral a du grain à moudre.
Non loin de l’hôtel Le Ndé à Douala se trouve un immeuble à plusieurs appartements dans lesquels sont logés les services des délégations régionales du ministère de l’Energie et de l’eau et du ministère de l’Industrie, des mines et du développement technologique (Minimidt). En ce lundi 24 novembre 2008, cet immeuble affiche bonne mine et le parking est presque désert. Dans les bureaux, l’on se penche sur les dossiers dans une ambiance studieuse. Après les formalités d’usage auprès de la secrétaire du délégué, ce dernier consent à recevoir le reporter de Le Messager dans son bureau cossu. Costume clair assorti d’une chemise rose sur laquelle pend une cravate de la même couleur, le maître des lieux, Ngassa Célestin en poste depuis septembre 2008, n’a pas besoin du “ bord ” (un vocabulaire cher aux étudiants) pour dérouler les missions qui sont assignées à l’administration dont il a la charge.
Sans ambages, il déclare que “notre délégation est à l’image du ministère. Les activités liées à l’industrie, aux mines et au développement technologique sont coordonnées, relayées sur le terrain au niveau de la région du Littoral par le délégué. C’est à ce titre que nous organisons des réunions avec les chefs de services, manageons le personnel administratif, le tout dans l’optique d’améliorer le tissu industriel et d’exploiter les potentialités minières et technologiques dont le Littoral regorge ”. Au-delà des tâches managériales, le délégué et ses collaborateurs passent leur quotidien à informer, conseiller, orienter les usagers au sujet des procédures et de la réglementation en vigueur.
C’est pourquoi les codes minier et pétrolier sont leurs bréviaires. Loin de se complaire dans son douillet bureau, Célestin Ngassa procède en outre à l’inspection des établissements classés dont l’exploitation peut présenter un certain danger pour la population et l’environnement. “Nous veillons à ce que les normes et les mesures de sécurité soient respectées dans les unités d’exploitation minière, industrielle, non sans vérifier en collaboration avec d’autres administrations, la qualité des produits miniers et industriels proposés aux populations et contrôler les explosifs et des substances détonantes utilisées dans les carrières” précise-t-il.
Pour mener à bien ces diverses tâches, le délégué fait face à des écueils dont les moindres ne sont pas l’insuffisance des moyens matériels et humains.
L'hôpital général de Yaoundé a perdu les marques qui faisaient de lui un établissement de référence. C'est une coquille vide et n'est plus l'hôpital général de référence qu'on a connu par le passé ", s'indigne un parent qui est arrivé au service des urgences vendredi dernier avec un patient.
Le médecin en place ce vendredi soir était partagé entre son bureau où elle faisait les ordonnances et la salle de réception des malades en urgences. Pendant ce temps une infirmière est obligée de se mettre au secours du brancardier pour extraire un patient d'un véhicule, alors qu'au même moment d'autres l'attendent dans la salle des soins.
Curieux de voir ce qui se passe dans cette salle, le Jour a pu se rendre compte que le dispositif d'oxygénation qui serpente les murs pour réanimer les malades est inopérant. Un patient placé sous oxygène a plutôt reçu de l'eau dans les narines et a failli en être étouffé. Une situation qui a embarrassé les infirmiers déterminés à sauver le malade. C'est finalement d'un appareil mobile que ceux-ci ont pu alimenter le patient en oxygène. "Si quatre cas d'urgence ont besoin d'oxygène en ce moment, comment ça va se passer ? ", s'est interrogé un garde-malade.
Au-delà du matériel inopérant, cet établissement a perdu de sa splendeur d'antan. Les murs sont sales et les bancs d'attente en décrépitude. Des gardes-malade déambulent dans les couloirs avec matelas, nattes et tout ce qui peut tenir de matériel de couchage. Selon certaines sources, au début, lorsqu'un patient arrivait à l'hôpital général, ses proches n'avaient pas besoin de dormir à côté de lui. Sa prise en charge comportait la literie, la nutrition, et seuls les infirmiers assuraient la garde du malade. La présence d'un proche du malade n'était liée qu'au payement des factures ou d'une commission précise.
Achille Chountsa

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