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Autres infos

Regards croisés sur l’eau…

Ajouté le 28/11/2008



Le 15 septembre 2008, des journalistes suisses et africains se retrouvent au Centre romand de formation des journalistes à Lausanne (Crfj) en Suisse. C’est dans le cadre de la 2e édition du programme dénommé « En quête d’Afrique », organisé conjointement par le Crfj représenté par son directeur, Eliane Ballif ; l’Agence Infosud par Daniel Wermus ; la Fondation Hirondelle par Jean-Marie Etter et la direction du développement et de la coopération représentée à cette occasion par Jean-Philippe Jutzi, chef suppléant de la division Médias et Communication. Dans son propos, ce dernier présente cette édition différente de la première en ce que, pour cette sortie, les tandems ont un thème unique : l’eau. Le sujet est important à plus d’un titre.
Comme le souligne le rapport sommaire de World Water Vision cité par David B. Brooks, spécialiste des ressources naturelles auprès du Centre de recherches pour le développement international à Ottawa au Canada, dans son ouvrage L’eau, gérer localement, « les pénuries d’eau résultent d’une gestion irresponsable qui entraîne pour des milliards de personnes – et l’environnement – de graves problèmes ». Aujourd’hui, soutient ce géologue et économiste, « l’accès à l’eau potable fait défaut à plus d’un milliard de personnes. Au cours des 25 prochaines années, le tiers de la population mondiale fera face à une grave pénurie d’eau. De toute évidence, les inégalités quant à la disponibilité et à l’approvisionnement d’eau douce sont une question de vie ou de mort, et constituent, en matière de gouvernance, un des impératifs les plus catégoriques de nos temps ».
La rareté de l’eau a donc des incidences sur tous les habitants de la planète. Dans les pays les plus prospères, elle freine la croissance économique et diminue la qualité de vie. Ces conséquences sont plus dramatiques dans les pays en développement. Ici, le manque d’eau potable en quantité suffisante engendre des maladies, ralentit le développement, exacerbe les inégalités de revenus, limite les possibilités, et compromet la survie de sociétés entières. Malheureusement, décrie cet auteur, «…les démarches peu judicieuses entreprises pour la contrer sont désastreuses pour le milieu naturel ».
Au Cameroun par exemple, la gestion de l’eau potable pour le grand public a été confiée à des opérateurs privés. C’est l’objet du reportage à Douala de Anne Pitteloud du journal Le Courrier, quotidien indépendant paraissant à Genève (Suisse), partenaire du quotidien Le Messager qui à son tour interroge la distribution de l’eau chez les Genevois. Ici, malgré le vent de privatisation qui souffle sur l’Europe dans ce secteur, les populations se battent au quotidien pour la maintenir dans le domaine public. L’avantage est qu’au final elles ont une bonne eau et un service de meilleure qualité. Cet exemple peut être suivi par les populations camerounaises. Dans l’interview accordée par Alberto Velasco, un activiste, on sait désormais comment.
Le lancement des reportages s’est fait sous la conduite de Roger de Diesbach et Atanase Karayenga, respectivement ancien rédacteur en chef de la Liberté et chef de projet à la Fondation Hirondelle. Les reporters avaient chacun une semaine pour cerner cette problématique. Ci-contre les productions faites à Douala par Anne Pitteloud du Courrier et à Genève par Nadège Christelle Bowa du Messager.
 

Par Nadège Christelle BOWA

Accès à l’eau potable : un luxe à Douala

Ajouté le 28/11/2008

Coût trop élevé, qualité médiocre, accès difficile: l’eau est un problème pour trois quarts des habitants de la capitale économique du Cameroun. Le gouvernement vient de privatiser le secteur de la distribution et de la commercialisation. Reportage.

L’eau n’est pas considérée comme une nécessité. Elle reste un luxe que tout le monde ne peut pas se payer.» Brigitte en sait quelque chose, qui fait vivre un ménage de sept personnes avec son salaire de serveuse – 40 000 Fcfa par mois. Pourtant, la jeune femme fait presque figure de privilégiée: dans la cour de sa maison du quartier de Bépanda, à Douala, coule un robinet. Le Cameroun compte actuellement 273 000 abonnés au réseau d’eau potable pour plus de 17 millions d’habitants. La situation des grandes villes est catastrophique: à Douala, comme dans la capitale Yaoundé, trois quarts de la population n’a pas accès individuellement à l’eau potable et moins de 40% des ménages sont raccordés au réseau, selon le dernier rapport (2007) de l’Institut national de la statistique.
Fleuves et rivières, nappes phréatiques, saison des pluies: l’eau ne manque pourtant pas dans cette région fertile. «Le gros du problème, ce sont les quartiers qui émergent de façon spontanée», analyse Paul Mpoulet, délégué régional du ministère de l’Eau et de l’énergie. «La population de Douala a explosé et l’Etat n’arrive pas à suivre. Les gens s’installent car ils ont trouvé un lopin de terre, même s’il n’existe aucune infrastructure; ils s’arrangent pour tirer l’électricité jusqu’à leur maison, mais n’ont pas accès à l’eau.» A cela s’ajoute l’incurie de l’Etat. «Pendant vingt ans, l’Etat n’a rien investi dans le secteur de l’eau, touché lui aussi par la crise économique», relève Serge Essouma, responsable de la communication à la Camerounaise des eaux (CDE), consortium marocain qui a pris en charge la distribution et la commercialisation de l’eau potable depuis cet été. Le gouvernement espère que la récente privatisation du secteur créera un dynamisme à même d’améliorer la situation.

Parcours du combattant
Il est encore trop tôt pour en juger. Pour l’heure, les habitants de Douala continuent à se débrouiller comme ils peuvent. Dans les quartiers populaires de Bépanda et de New Bell, on se montre sceptique face aux promesses des autorités. «On promet beaucoup mais on ne réalise rien, on a beau expliquer notre situation, écrire, on ne nous répond jamais», dénonce Brigitte. Dans la cour de leur maison de Bépanda, Brigitte et Jacqueline préparent des bananes plantains entourées d’enfants. L’habitation donne sur une rue en pente, bordée de rigoles où s’écoulent l’eau de pluie et les eaux sales. Le sol de terre rouge, défoncé, est inondé. Spectacle banal: «Les conduites enterrées sont mal protégées, le sol est raviné par les pluies et les voitures qui passent cassent les tuyaux», explique Brigitte. «Notre facture, qui est normalement d’environ 8000 Fcfa par mois, grimpe tout à coup à 25 000 ou 30 000 Fcfa et on ne comprend pas pourquoi: c’est qu’on continue de payer l’eau qui s’échappe du tuyau rompu, parfois pendant des semaines.» De plus, c’est au propriétaire du compteur de payer la réparation.
Autant de frais qui s’ajoutent à ceux de l’installation du compteur – environ 100 000 Fcfa. D’autant qu’«il faut ensuite payer la canalisation pour que le branchement arrive jusqu’à chez soi», continue Brigitte. Obtenir un compteur relève par ailleurs du parcours du combattant, avec des délais de six mois, voire une année d’attente entre la demande et l’installation. Autres frais imprévus: lorsque le compteur est bloqué, la facture est évaluée selon un taux mensuel forfaitaire de 20 000 Fcfa, «pas du tout basé sur la consommation réelle, sur les anciennes factures!» s’insurge Brigitte. A nouveau, changer de compteur revient à attendre plusieurs mois.
Pour beaucoup, être abonné au réseau revient donc trop cher. La majorité de la population achète l’eau chez un voisin qui dispose déjà d’un compteur. Celui-ci, responsable des dégâts et des réparations, vend son eau plus chère qu’il ne l’achète. Une fillette arrive d’ailleurs chez Brigitte pour remplir un bidon: 10 litres d’eau potable, à 15 Fcfa, pour six personnes et deux jours. Au final, la facture de sa famille s’élèvera à environ 15 000 Fcfa par mois.

Problèmes sanitaires
«L’eau est trop chère et elle n’est même pas potable», déplorent Brigitte et Jacqueline. «Ceux qui en ont les moyens utilisent un filtre avant de la boire: si on la laisse reposer il y a des dépôts jaunes au fond.» C’est que les canalisations, vétustes, ont rouillé. L’eau minérale est bien sûr trop chère pour ces familles.
De l’eau de source, plus pure, est vendue aux bornes fontaines installées dans certaines rues. A New Bell, des fillettes font la queue à la fontaine installée en face de la maison de Justin, assis devant sa porte. C’est là qu’il achète lui aussi son eau, à 25 Fcfa les 15 litres, qui durent deux jours. «C’est pour boire. Le reste est tiré au puits.» Dans ce quartier où agressions et vols à la tire sont monnaie courante, commis par les «enfants de la rue», ces adolescents désœuvrés, ils sont une minorité à pouvoir se payer un compteur. A côté de chez Justin, une échoppe vend de l’eau de forage à 50 Fcfa les 1,5 litres. C’est là que François, un voisin, s’approvisionne. «On paye en fait le transporteur qui l’achemine à Douala», explique-t-il. «Car ces forages appartiennent à des sociétés commerciales actives dans différents domaines, qui mettent l’eau gratuitement à disposition des populations.»
A Bepanda comme à New Bell, l’eau du puits reste indispensable pour se laver, faire la cuisine, la lessive, etc. Le quartier verse une petite contribution pour financer son entretien. Mais cette eau, non potable, provoque souvent des maladies – maux de ventre, amibes, vers, etc. –, surtout chez les enfants qui l’avalent par mégarde en se lavant. Mêmes problèmes sanitaires avec l’eau du robinet vendue dans la rue, emballée dans des bouteilles en plastique récupéré où elle se conserve mal. Enfin, en l’absence de tout système collectif d’assainissement des eaux usées, plus de 85% de la population urbaine utilise des modes d’assainissement individuel avec tous les risques de pollution que cela implique. Les fosses septiques, souvent trop proches des puits, contaminent les nappes phréatiques. En 2004, une épidémie de choléra s’est déclarée dans six des dix provinces du pays. Le volet assainissement devrait être pris en charge par la Camerounaise des eaux dans un deuxième temps.

Coupures fréquentes
Mais «au moins, avec le puits, il n’y a jamais de pénurie», remarque Jacqueline. C’est que les coupures d’eau, dues à des problèmes de pression, sont fréquentes à Douala et la situation est souvent kafkaïenne. Certains quartiers n’ont plus d’eau depuis deux mois; les abonnés continuent de payer la location mensuelle de leur compteur, tout en achetant l’eau ailleurs, ce qui grève leur budget. «Les gens paient de peur qu’on leur enlève le compteur», explique Jacqueline, tout comme ils respectent les délais malgré leurs difficultés: l’amende forfaitaire pour un retard de paiement grimpe à 5000 Fcfa, l’eau est coupée le lendemain, le compteur enlevé, et «pour le redémarrer, on doit attendre des mois et ça coûte encore», critique Brigitte. «Alors on va au guichet, on fait la queue, on se fait agresser, il faut s’aligner, faire des courbettes pour payer, monnayer le vigile pour aller plus vite...»
Mais pour les autorités, le prix de l’eau reste tout à fait abordable. «Ceux qui ont des difficultés ne vivent pas forcément dans les zones couvertes par le réseau mais utilisent l’eau des forages ou des sources», note Paul Mpoulet. Abdellah Allouche, directeur technique de la CDE, salue quant à lui le fait que 90% des Camerounais paient dans les dix jours comme exigé. «Ce n’est pas vrai qu’ils sont démunis.»
 

Par Anne PITTELOUD

A quand le rapatriement du corps d’Ahidjo ?

Ajouté le 28/11/2008

Le 30 novembre 2008 marque le 19e anniversaire du décès de l’ex-chef de l’Etat du Cameroun. Le brouillard est toujours épais sur le retour de ses restes au pays.

Bien que décédé le 30 novembre 1989 à Dakar au Sénégal, la mémoire de Ahmadou Ahidjo continue de hanter le pays tout entier et particulièrement le septentrion. Si aucune manifestation n’est annoncée pour commémorer le 19e anniversaire de sa disparition à Ngaoundéré, Garoua ou Maroua, il semble évident que le débat sur le rapatriement de sa dépouille mortelle va rebondir dans ces régions et au-delà. En octobre 2007, au cours d’une interview sur la chaîne de télévision française France 24, Paul Biya, son successeur a été formel : "Le problème du rapatriement de la dépouille de l’ancien président est selon moi un problème d’ordre familial (…). Si la famille de mon prédécesseur décide de faire transférer les restes du président Ahidjo, c’est une décision qui ne dépend que d’elle", déclarait-il.
A l’époque, le débat avait fait rage avec en toile de fond une question : à qui appartiennent les restes de Ahmadou Ahidjo ? Pour le fils du défunt, Mohamadou Badjika Ahidjo, "c’est bien le gouvernement qui doit prendre cette initiative et nous sommes disposés à collaborer (…). J’estime que la démarche revient à l’Etat". Dans cette posture, il est rejoint par de nombreux hommes politiques du Grand nord dont Issa Tchiroma, Saïdou Maïdadi Yaya (secrétaire général de l’Association Remember Ahmadou Ahidjo). Pour ces leaders et bien d’autres, l’ex-chef de l’Etat n’appartenait plus à sa seule famille. Le rapatriement de ses restes va sceller la réconciliation nationale. Une autre frange de l’opinion pense qu’en tant que musulman, Ahidjo peut reposer où il est décédé, c'est-à-dire au Sénégal. Certains dignitaires religieux de la ville de Garoua ne cachent d’ailleurs par leur crainte de voir le retour des restes d’Ahidjo dégénérer en insurrection populaire compte tenu de la charge émotive que l’évènement va charrier.

Des palais pillés
La troisième voie milite pour une entente entre la famille et l’Etat pour vider ce qui apparaît comme un contentieux historique. Après les commentaires nourris consécutifs à la sortie de Paul Biya sur France 24, le débat s’est quelque peu éclipsé, jusqu’au mois d’avril 2008 lorsque l’on signale que l’ex-président du Bénin, Emile Derlin Zinsou manœuvre pour le rapatriement du corps son ami intime. A cet égard, Il se racontait que ce dernier essayait d’harmoniser les positions de Paul Biya et de Germaine Ahidjo à ce sujet. L’on annonçait alors avant la fin de cette année 2008, des obsèques officielles à Garoua et Yaoundé pour l’ex-chef d’Etat camerounais, cérémonies qui devait culminer avec la mise sous terre de ses restes dans la périphérie de la capitale régionale du Nord.
Approché à Garoua à propos de ces tractations, Mohamadou Badjika Ahidjo avait avoué, tout étonné, ne pas être au courant. Toujours est-il que l’opinion publique sera de nouveau tenue en haleine pendant quelque temps et puis, peut-être, plus rien. Sinon une initiative isolée d’une association nommée Justice-Plus. Laquelle se proposait de saisir le président français Nicolas Sarkozy pour que ce dernier fasse pression sur son homologue camerounais au sujet de l’affaire. Alors que le 30 novembre 2008 approche irrémédiablement, doit-on désespérer de voir Ahmadou Ahidjo reposer sur la terre de ses ancêtres ? Faute de lire dans une boule de cristal, l’on est réduit à constater que son héritage est en ruines, notamment dans le Grand nord. Que ce soit à Mayo-Oulo, Maroua ou Garoua, son patrimoine immobilier a été pillé et abandonné. A Ngaoundéré, ses propriétés foncières ont été arrachées ou vendues aux plus offrants.
 

Par Georges Alain BOYOMO

Joie et peur des chantiers dans l’Océan

Ajouté le 26/11/2008

Certaines populations désespèrent déjà en attendant le début effectif des grands travaux annoncés, alors que d’autres les redoutent.

Il ne se passe plus un seul jour à Kribi sans que le début effectif des travaux de construction de la centrale à gaz de Bipaga, de la centrale de Mpolongwe et du projet de port en eau profonde ne fasse l’objet de spéculations. De Grand Batanga à Mpolongwe en passant par Londji et Kribi, les commentaires et les discussions vont bon train, car le lancement de ces travaux serait synonyme de fin de calvaire (?) pour les nombreux chômeurs et les populations de l’Océan. Si bon nombre reste confiants quant au démarrage des travaux, le scepticisme reste de mise. “ Depuis mon enfance, on nous parle du port en eau profonde de Kribi. Je crois que c’est une tactique du parti au pouvoir pour tenir en laisse les populations. Je suis presque sûr que ce n’est pas aujourd’hui que ces grands chantiers seront lancés. Sous le Renouveau il y’a eu combien de grands projets réalisés ? Ce sera plutôt à l’orée des élections qu’on va poser les premières pierres et les évoquer comme bilan. Nous prions néanmoins chaque jour pour que ces projets démarrent effectivement pour le développement de la ville ”, lance le jeune Ngoun Michel qui se débrouille dans la vente de la friperie. “ L’annonce de ces projets nous rend la vie difficile ici à Kribi alors qu’on n’est même pas sûr du démarrage. Tout est devenu cher dans la ville. La nourriture vaut son pesant d’or. Les bailleurs sont devenus difficiles à vivre. Pour pouvoir acheter maintenant un petit lopin de terre même dans un coin reculé de la ville, il faut être un bourgeois car les propriétaires terriens disent qu’ils attendent le démarrage des travaux et la venue des étrangers afin de pouvoir vendre le mètre carré de terre plus cher. La même erreur avait été commise lors du tracé du pipe-line. Les bailleurs faisaient sortir les gens de leurs maisons pour les louer aux étrangers, d’autres engageaient les grandes constructions pour les louer plus chers. Mais dès le départ des travailleurs que reste-t-il ? ”, déclare M.Ngassa, un habitant de Petit-Paris.

Inquiétudes
“ Nous sommes prêts ici à Grand-Batanga, même comme on dit qu’on va nous déloger. Nous attendons cela parce qu’on doit nous dédommager très cher pour que nous acceptions de partir de ce site sur lequel nous nous trouvons depuis des lustres ”, déclare un habitant de Grand-Batanga. A Bipaga, on est plus amer. “ Ce projet de Bipaga ne va pas commencer tant que l’Etat ne nous dédommage pas. Nous ne partirons pas d’ici même si l’armée arrive. Tant que les travaux de la centrale à gaz de Bipaga et la centrale thermique de Mpolongwe ne sont pas achevés, les travaux du port en eau profonde ne peuvent pas commencer car le matériel à utiliser a besoin de beaucoup d’énergie alors que dans la ville il y’a certaines maisons dans le noir parce que la tension électrique est faible”, selon un notable de cette localité.
Un directeur du projet a déjà été nommé dans le cadre du port en eau profonde et du coté de Bipaga, la délimitation effective du site a été remise à plus tard avec à l’appui l’arrestation des différents acteurs impliqués dans le détournement de 656 millions de francs, frais de dédommagements des populations de BipagaI.
Pour les éclairés, la question n’est pas de savoir quand est-ce que les travaux vont commencer, mais de savoir si ils seront menés à terme. Un scepticisme largement partagé dans la cité balnéaire, où il se dit qu’en 26 ans de Renouveau, aucun projet n’a atteint effectivement sa phase finale.
 

Par Sévère Kamen

Administration-Minimidt

Ajouté le 26/11/2008

Silence, le délégué inspecte les unités de production

La délégation régionale du ministère de l’Industrie, des mines et du développement technologique (Minimidt) pour le Littoral a du grain à moudre.

Non loin de l’hôtel Le Ndé à Douala se trouve un immeuble à plusieurs appartements dans lesquels sont logés les services des délégations régionales du ministère de l’Energie et de l’eau et du ministère de l’Industrie, des mines et du développement technologique (Minimidt). En ce lundi 24 novembre 2008, cet immeuble affiche bonne mine et le parking est presque désert. Dans les bureaux, l’on se penche sur les dossiers dans une ambiance studieuse. Après les formalités d’usage auprès de la secrétaire du délégué, ce dernier consent à recevoir le reporter de Le Messager dans son bureau cossu. Costume clair assorti d’une chemise rose sur laquelle pend une cravate de la même couleur, le maître des lieux, Ngassa Célestin en poste depuis septembre 2008, n’a pas besoin du “ bord ” (un vocabulaire cher aux étudiants) pour dérouler les missions qui sont assignées à l’administration dont il a la charge.
Sans ambages, il déclare que “notre délégation est à l’image du ministère. Les activités liées à l’industrie, aux mines et au développement technologique sont coordonnées, relayées sur le terrain au niveau de la région du Littoral par le délégué. C’est à ce titre que nous organisons des réunions avec les chefs de services, manageons le personnel administratif, le tout dans l’optique d’améliorer le tissu industriel et d’exploiter les potentialités minières et technologiques dont le Littoral regorge ”. Au-delà des tâches managériales, le délégué et ses collaborateurs passent leur quotidien à informer, conseiller, orienter les usagers au sujet des procédures et de la réglementation en vigueur.
C’est pourquoi les codes minier et pétrolier sont leurs bréviaires. Loin de se complaire dans son douillet bureau, Célestin Ngassa procède en outre à l’inspection des établissements classés dont l’exploitation peut présenter un certain danger pour la population et l’environnement. “Nous veillons à ce que les normes et les mesures de sécurité soient respectées dans les unités d’exploitation minière, industrielle, non sans vérifier en collaboration avec d’autres administrations, la qualité des produits miniers et industriels proposés aux populations et contrôler les explosifs et des substances détonantes utilisées dans les carrières” précise-t-il.
Pour mener à bien ces diverses tâches, le délégué fait face à des écueils dont les moindres ne sont pas l’insuffisance des moyens matériels et humains.
 

Par Alain NJIPOU (Stagiaire)

Hôpital Général de Yaoundé : Les couacs du service

Ajouté le 26/11/2008


Hôpital Général de Yaoundé : Les couacs du service des urgences

Insuffisance du personnel, matériel défectueux…

L'hôpital général de Yaoundé a perdu les marques qui faisaient de lui un établissement de référence. C'est une coquille vide et n'est plus l'hôpital général de référence qu'on a connu par le passé ", s'indigne un parent qui est arrivé au service des urgences vendredi dernier avec un patient.

Le parent en question est arrivé autour de 20h, ce jour-là, avec son malade et a été obligé d'attendre une trentaine de minutes pour être reçu. La faute n'était pas celle du médecin en place, mais du nombre insuffisant du personnel préposé pour assurer le service de garde. En tout un médecin, trois infirmiers et un brancardier pour une nuit de garde au service des urgences de l'hôpital général de référence de Yaoundé.

Le médecin en place ce vendredi soir était partagé entre son bureau où elle faisait les ordonnances et la salle de réception des malades en urgences. Pendant ce temps une infirmière est obligée de se mettre au secours du brancardier pour extraire un patient d'un véhicule, alors qu'au même moment d'autres l'attendent dans la salle des soins.

Curieux de voir ce qui se passe dans cette salle, le Jour a pu se rendre compte que le dispositif d'oxygénation qui serpente les murs pour réanimer les malades est inopérant. Un patient placé sous oxygène a plutôt reçu de l'eau dans les narines et a failli en être étouffé. Une situation qui a embarrassé les infirmiers déterminés à sauver le malade. C'est finalement d'un appareil mobile que ceux-ci ont pu alimenter le patient en oxygène. "Si quatre cas d'urgence ont besoin d'oxygène en ce moment, comment ça va se passer ? ", s'est interrogé un garde-malade.

Au-delà du matériel inopérant, cet établissement a perdu de sa splendeur d'antan. Les murs sont sales et les bancs d'attente en décrépitude. Des gardes-malade déambulent dans les couloirs avec matelas, nattes et tout ce qui peut tenir de matériel de couchage. Selon certaines sources, au début, lorsqu'un patient arrivait à l'hôpital général, ses proches n'avaient pas besoin de dormir à côté de lui. Sa prise en charge comportait la literie, la nutrition, et seuls les infirmiers assuraient la garde du malade. La présence d'un proche du malade n'était liée qu'au payement des factures ou d'une commission précise.


Achille Chountsa

Assemblée nationale : Du sang neuf pour la justice

Ajouté le 26/11/2008
Assemblée nationale : Du sang neuf pour la justice
Amadou Ali annonce le recrutement sur trois ans de près de 3 000 personnels pour les services judiciaires et les prisons.
Jean Francis Belibi

La question de l'insuffisance de l'espace dans les prisons était sans doute celle dont le Vice Premier ministre en charge de la Justice savait ne pas pouvoir éviter hier lors de son passage devant la Commission des Finances et du budget de l'Assemblée nationale. Et même face aux hommes et femmes de médias ayant attendu la fin de cet exercice pour lequel il aura passé près de quatre heures d'horloge devant les députés. L'année 2008 aura été des plus agitée dans l'univers carcéral camerounais et principalement dans les deux principales métropoles que sont Douala et Yaoundé, avec des évasions enregistrées tout au long des mois écoulés dans la capitale économique. " Le budget 2009 a inscrit 800 millions de francs comme première tranche de la construction d'une prison de 5 000 places à Douala " a notamment tenu à faire savoir le Garde des Sceaux. Sur une enveloppe budgétaire pour laquelle les prévisions se chiffrent à plus de 24 milliards de francs.

La construction des prisons n'apparaît en fait que comme une partie des problèmes des infrastructures auxquels est confronté la justice camerounaise, comme n'a d'ailleurs pas manqué de l'indiquer Amadou Ali " Nous n'avons pas suffisamment de locaux… vous savez que les citoyens sont pressés de se faire rendre justice " a-t-il continué. Indiquant par la même occasion que dans les cas de Douala et Yaoundé, " la justice reçoit pour chacune de ces villes, environ 120 000 dossiers de contentieux pénal et civil… ". Ce qui ne manque pas de poser un autre problème, celui des ressources humaines chargées de rendre la justice. Le Vice Premier ministre en charge de la Justice indique à cet effet, qu'il faut multiplier par trois, le nombre actuel de magistrats dans les juridictions des deux principales métropoles camerounaises pour satisfaire les besoins des usagers.

Ressources humaines
Des besoins en personnel qui selon Amadou Ali trouveront un début de solution dans les trois années à venir " Comme vous le savez, on nous a donné des ouvertures pour recruter du personnel sur trois (03) ans. Environ 500 magistrats, 600 greffiers, 300 secrétaires, 1 500 personnels de l'administration pénitentiaire. Dont le problème sera résolu sur trois ans ", compte tenu selon lui de l'aspect formation.
Autre préoccupation des parlementaires, le budget du ministère de l'Administration territoriale et de la décentralisation (Minatd). Estimé à environ 30 milliards de francs (en baisse de plus d'un milliard), il devrait permettre à ce département ministériel, qui dès le 31 décembre prochain va perdre ses prérogatives en matière d'organisation des élections en faveur de Elections Cameroon (Elecam), de poursuivre dans " la sécurisation de nos frontières, notamment par la construction des bureaux et résidences des autorités administratives dans les unités frontalières, la poursuite du processus de décentralisation, le renforcement de la protection civile et de la gestion préventive des catastrophes… " tel qu'indiqué dans l'exposé liminaire présenté aux membres de la Commission des Finances par Emmanuel Edou, le ministre délégué auprès du Minatd en charge des collectivités territoriales décentralisées, parlant en lieu et place de Marafa Hamidou Yaya le chef du département ministériel.
Il préciser que le premier à avoir fait son passage hier devant la Commission des Finances est Henri Eyebe Ayissi. Le ministre des Relations extérieures qui défendait le budget de son ministère d'un montant de près de 26 milliards de francs a notamment indiqué qu'il s'agira de procéder à la mise en place des conditions de déploiement des chefs de missions diplomatiques dont plus d'une trentaine ont été désignés cette année, l'amélioration des conditions de résidence des diplomates camerounais.

COMPRENDRE LA CRISE DE LA POÉSIE EN AFRIQUE

Ajouté le 22/11/2008

LE CAS DU CAMEROUN.


Conférence donnée au festival des rencontres internationales de la poésie et de la musique 2008


                                 

                                 Introduction :

       Il n’est plus à démontrer que la poésie a toujours été au cœur des problématiques du monde. Qu’il s’agisse des combats pour la liberté, la justice sociale et autres. Mais comment comprendre aujourd’hui que cet art soit mondialement en crise, particulièrement au Cameroun ?
En nous penchant sur cette question, cela nous a amené à y dégager quelques pistes de réflexions à savoir deux facteurs qui sont endogènes et exogènes à cette crise. Après avoir analysé cette problématique, il nous est apparu quelques esquisses de solutions  pouvant être administrées au Cameroun et au reste de l’Afrique atteints de la même crise avec par endroit des variations légères.


                  I – Facteurs endogènes à la crise :

        Ici, nous entendons par facteurs endogènes ; toutes causes qui émanent de la responsabilité du poète. 
        Mais, Il serait incongru de notre part, d’évoquer ipso facto ces facteurs endogènes  sans parcourir brièvement l’historicité de la naissance de la poésie camerounaise d’expression Française. On peut situer la genèse de la poésie camerounaise d’expression Française en 1930 avec Louis Marie Pouka qui à cette époque était presque le seul à entretenir la flamme frêle de cette poésie jusqu’en 1953, nous révèle Patrice Kayo  dans ″ Panorama de la littérature Camerounaise″ publié en 1978.
        Sous la bannière du Français Henry De Julliot, prêtre jésuite, pratiquant des belles lettres, qui était alors  professeur au collège Libermann de Douala ; on assiste au Cameroun en 1954 à une sorte de renaissance de la poésie. De Julliot impulsera une vague de poètes entre autres Elolongué Epanya Yondo, Nyunaï, Paul Dakeyo, François Sengat Kuoh.

Que s’est-il donc passé pour que la poésie camerounaise entre aussitôt en crise ?

         Déjà, en 1977, Martin Eno Bosso dans la préface du recueil de poèmes de René Philombe intitulé ″petites gouttes de chant pour créer l’homme″ : dit «Bien des poètes ont tellement versé dans l’hermétisme que de nos jours on peut parler d’une certaine  mort de la poésie ». Cet hermétisme, entretenu par bien des poètes camerounais jusqu’à nos jours ne favorise pas l’émergence de la poésie.              

    
L’hermétisme serait-il le seul facteur qui édulcore la poésie camerounaise? Que non Ị

       Après  l’indépendance  du Cameroun,  voit le jour le 23 janvier 1960 l’association des poètes et écrivains camerounais (l’ A P E C) décédée à cause du non payement  des cotisations par ses membres, du manque d’engagement et de l’apathie  de certains. Aujourd’hui au Cameroun, il n’existe pas une véritable instance comme l’APEC, cette association reconnue d’utilité publique qui réunissait en son sein tous les poètes  camerounais. Celles des associations qui existent comme la ronde des poètes,  l’association de lutte pour l’éducation par la poésie (Lupeppo international) quoique très  dynamiques, n’ont pas toujours de la part des poètes ; les taux d’adhésions satisfaisants. On se demande alors où pratique t-on la poésie au Cameroun?  Car la plus part des poètes camerounais n’appartiennent à aucune association et par conséquent, on assiste à des individualités. Ce  qui amènera Patrice Kayo ; ancien président de l’A P E C dans une interview accordée au quotidien camerounai!
s LE JOUR, numéro 72 du lundi 7 janvier 2008  à dire : « Figurez-vous que même les poètes ne se lisent pas entre eux. Il y a au moins 1000 poètes au Cameroun, dont plus de la moitié dans trois ou quatre villes, où se trouvent aussi la plupart des librairies du pays et où le livre est le plus  diffusé. Mais si vous sortez 500 exemplaires d’un recueil de poésie et les ventilez vous ne les écoulerez jamais en 6 mois ».

             De nos jours beaucoup pensent que être poète c’est avoir absolument  publié. Une vague de jeunes poètes avides de célébrité précoce dénombrent alors des publications fantaisistes. On assiste ainsi à un alignement de mots que l’on confond à la poésie.
             Nous pouvons aussi joindre à cette crise de la poésie, le non moins important  problème que nous avons choisi d’appeler « le mythe du poète ».Entretenu par le comportement de certains poètes, ce mythe  a encouragé le regard  dédaigneux et railleur de la société sur le poète. D’ après ce mythe ; le poète est un vagabond, être poète c’est souffrir d’une pathologie «c’est être un peu fou », c’est choisir de ne pas se marier, ne pas bien se vêtir, ne pas se peigner les cheveux, ne pas avoir de richesse matérielle… Fort de tous ces facteurs endogènes non exhaustifs l'on peut conclure que ces  clichés ne peuvent grandir la poésie au cameroun.

                   II– Facteurs exogènes :

            Ce sont des attitudes liées à la société qui n’incombent pas la responsabilité des poètes. Mais qui démontrent à suffisance de la mauvaise perception du poète par les autres et la responsabilité des autres à l’égard de la poésie.

          Au Cameroun, le poète a souvent été considéré comme un subversif. En exemple, le poète Patrice Kayo comme d’autres sera inquiété pour subversion après  avoir publié le poème ‘’une gerbe ‘’ en hommage à Um Nyobé, figure emblématique des luttes de l’indépendance au Cameroun. Et même, Patrice Kayo sera plusieurs fois interpellé par le pouvoir Ahidjo à cause de ses idées et sa verve poétique. Ce qui l’amena à passer quinze ans comme assistant à l’école normale supérieure de Yaoundé.

         Observons qu’il n’existe pas de véritable politique culturelle cohérente au Cameroun moins encore pour ce qui est de la poésie. Dans les lycées et universités, la majorité d’enseignants évitent d’étudier la poésie avec leurs apprenants,  entraînant ainsi en faculté ; une rareté de choix de soutenance de thèses sur la poésie.
          Il faut noter  pour le déplorer, comme les autres artistes ; le poète n’a  pas de statut. Aussi, La poésie est restée longtemps dans le seul support du livre. On assiste à un manque croissant d’intérêt des éditeurs à ce genre littéraire.

Comment  expliquer qu’au Cameroun comme dans de nombreux pays Africains, il y ait  plus de débits de boissons que d'espaces de lecture publics plus de boîtes de nuit que de bibliothèques.


       Mais, quelles attitudes pouvons nous adopter pour faire face à cette crise ?   


                                        Solutions :

Pour faire face à la crise de la poésie au Cameroun, comme dans de nombreux pays Africains, il est urgent que les efforts soient conjugués tant du côté des poètes, de la société que de celui des pouvoirs publics.

          Concernant les poètes, il est important qu’ils se regroupent en associations sérieuses où ils  partageront  leurs savoirs et  porteront leurs doléances auprès des pouvoirs publics. La poésie doit cesser d’être hermétique et ornementale  pour devenir un véritable instrument  de participation au développement social.  Pour cela, il est capital que le poète prenne position dans le débat public afin de ne plus être considéré comme un homme aérien qui ne s’intéresse qu’aux choses virtuelles.
Le poète doit être en adéquation avec ses écrits. Par exemple  il serait mal compris que le poète écrive pour la paix et pratique la guerre. Il doit donc redevenir ce qu’il n’aurait jamais cessé d’être. C'est-à-dire un homme vertueux qui supplante les clichés.

-N'avons-nous pas souvent entendu les gens dire que s'ils ne s'intéressent pas à la poésie, c'est parce qu’ils n’ont pas de culture poétique ?  Et bien, Il est bon que les poètes vulgarisent la journée mondiale de la poésie instituée par l’UNESCO, prévue le 21 mars de chaque année. En incluant  des manifestations grand public à cette journée, nous créerons assurément  chez certains, une culture poétique.  Parlant même de cette culture poétique que certains affirment ne pas avoir, je me suis souvent demandé comment les Camerounais comme de nombreux Africains ont-ils fait pour avoir une culture de la bière !

-ceux des poètes ayant la vocation peuvent mettre leurs poèmes en chanson, en théâtre, en humour. Ainsi, ils atteindront un public plus large.

-En ce siècle, l’outil Internet doit être incontournable pour le poète. Cela lui permettra d’échanger avec ses confrères du monde et même  de diffuser ses oeuvres et de se faire éditer à moindre coût.

Pour solutionner cette crise, que peut être l’action des pouvoirs publics et les autres?

          En ce qui est de l’Etat, il doit ratifier et appliquer les conventions internationales en rapport avec le livre à l'instar  des accords de Florence qui préconisent  aux pays l'ayant ratifiés comme le Cameroun ; d’exonérer les taxes douanières sur le prix du livre et les intrants de fabrication du livre. Ce qui serait bénéfique pour la relance de l’édition de la poésie.

- Au Cameroun l’Etat doit signer la mise en application de la loi sur le mécénat et le  sponsoring ce qui encouragerait les entreprises à sponsoriser les festivals de poésie, les foires du livre ….

-Si l’état accorde les subventions aux associations de poètes, elles pourraient créer et animer des clubs poésie  dans les écoles primaires, lycées et universités. Ce qui permettra bien évidement de dénicher et d’encadrer de nouveaux talents qui assureront à leur tour la relève.

-Les pouvoirs publics doivent chercher des bourses au niveau des organisations internationales comme l’UNESCO, la Francophonie… afin que ceux qui font des recherches sur la poésie aient de quoi travailler.

-Sachant que la poésie est restée très longtemps au Cameroun exclusivement dans le support du livre, il faut que l’Etat et les particuliers créent des salles de spectacle qui permettront aux poètes de donner des récitals de poésie…

-Pour la diffusion des œuvres poétiques qui reste de nos jours un problème majeur ; il est urgent que les pouvoirs publics encouragent au Cameroun la création de véritables maisons de diffusion afin que la concurrence fasse baisser les taux de commissions pratiqués jusqu’ici par  celles existantes.

-Que seul le talent conduise l’entrée d’une œuvre poétique  au programme scolaire et non le bord politique, ni l’ethnie, ni l'âge  ou toutes autres considérations réductrices. Ce qui fera profiter tous poètes talentueux et créera entre eux l’émulation.
-lorsque les pouvoirs publiques ou les particuliers  créent des bibliothèques et espaces de lecture publique ; ils doivent penser  garnir les rayons poésie surtout avec de nouvelles parutions.

-Il serait utile que le ministère de la culture lance des concours nationaux de poésie et que les meilleurs soient entretenus comme une pépinière capable de représenter valablement notre pays à l’international.

                 En ce qui est de la critique et de l’évaluation de la poésie

       En 1978, dans l'avant propos de panorama de la littérature camerounaise, Patrice Kayo remarquait déjà que ; certains critiques littéraires confondent toujours le rang social de l'écrivain avec la valeur de son œuvre.Il ne les vient jamais à l'esprit qu’une grande personnalité ou un docteur d'université puisse n’être qu’un « gratteur de papier » ni qu'un chômeur ou un non diplômé puisse faire œuvre de génie. Ils ne prennent même pas la peine de lire ou de signaler certaines œuvres pour la seule raison que leurs auteurs sont d'origine modeste alors que « ils tamtament  à longueur de journée sur des médiocrités ». Ainsi le rang social se projette dans la littérature et  on passe sans transition de la grandeur sociale à la grandeur littéraire. Pour nous en convaincre, lisons les  notes de lecture de certains de nos journaux. Pour faire face à cela, les critiques littéraires et la presse doivent davantage se former et se cultiver afin d’avoir tous les outils pour pratiquer!
  leurs métiers sans complaisance, dans le respect des règles de l’art et de la déontologie de leurs professions.

                           
                               Conclusion :

Sous le sentiment de n'avoir pas tout dit, au terme cette réflexion, judicieuse pour l'avenir de notre poésie, pour en arriver à des résultats ex comptés pensons nous ;  il faut qu’une synergie se crée entre chaque acteur qui intervient dans la chaîne de la poésie (le poète, les organisations internationales, les particuliers, les pouvoirs publics, les consommateurs…) afin que leur seul objectif soit la relève de la poésie Camerounaise. Car aucun peuple ne peut se défaire de la poésie. Cette dernière  semble être inhérente à notre être. C’est pourquoi ; il y a au fond de chacun de nous, de la poésie qui s’endort, dans l’effroi comme dans la joie ; on l’a réveille sans même le savoir.

Obsèques de la Princesse

Ajouté le 20/11/2008

Obsèques de la Princesse Charlotte Endale Bwanga Kum

Du 20 novembre 2008 au 22 novembre 2008

 
 
Bonjour,
Nous vous prions de recevoir ci-joint le programme des obsèques de la Princesse Charlotte Endale Bwanga Kum,






Repose en paix  chère Grand-mère et merci pour tout.

 Nicolas Bwanga Ekwalla
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Festi Bikutsi : L'effet Tsimi Toro

Ajouté le 19/11/2008


Le chanteur a fait une belle scène lors de la soirée de clôture du festival qui a consacré Lady Ponce meilleure artiste de l'année 2008.
Dorine Ekwè

Au vu de l'enthousiasme avec lequel le public a accompagné les différents artistes qui ont effectué le plateau final du Festi-bikutsi 2008 samedi dernier au camp Aes-Sonel de Yaoundé, la brouille entre Lady Ponce et Majoie Ayi, la veille, semblait bien loin. Les deux jeunes femmes qui se disputent le leadership du Bikutsi depuis la sortie, en juillet dernier, de l'album "Confessions " de Lady Ponce, ont en effet failli ne pas se produire vendredi lors de la soirée " Bininga " (des femmes) organisée dans le cadre du Festi-bikutsi 2008. Toutes deux vêtues de mini-jupes et de bottes, aucune des jeunes dames ne voulait passer sur scène avant l'autre. C'est finalement aux environs de deux heures du matin que la Lady s'est résolue à monter sur scène et a enflammé la foule en pensant être celle qui clôturera la soirée qui s'est poursuivie avec le passage de Majoie Ayi loin des regards d'une bonne partie des 500 personnes ayant fait le déplacement du Camp Sonel.

En effet, au moment de sa prestation scénique le gros du public avait vidé les lieux.
Un peu désabusé de l'attitude des deux jeunes femmes et n'ayant pas spécialement fait attention à l'absence de K-Tino, le public a toutefois tenu à poursuivre la fête jusqu'au bout. C'est ainsi qu'il a savouré avec délectation samedi, 15 novembre, les mélodies saccadées mais combien stylées et colorées de Bisso Solo, Ama Pierrot, Zele le bombardier. Trois artistes aux styles différents qui ont, chacun, rivalisé d'imagination face à un public réceptif. Du look aux prestations, tout était mis en œuvre pour donner du plaisir au nombreux public. Alors que Bisso Solo a choisi le costume, Zélé Bombardier s'est présenté sur scène en jean's et lunettes de soleil ; tandis qu'Ama Pierrot a opté pour un style vestimentaire gothique, en noir et rouge.

Refrain
Alors que pour ces derniers le public s'est juste contenter de fredonner les mélodies en accompagnant les artistes de ses applaudissements, il s'est totalement laissé transporter par sa nouvelle idole : Tsimi Toro ! Lorsqu'Alain Dexter, le présentateur de la soirée, annonce l'arrivée de la star vêtue d'un costume traditionnel sur le podium, la foule crie son contentement. C'est le début d'une liesse qui durera environ une vingtaine de minutes. Soudain, l'atmosphère est devenue électrique lorsque l'artiste, accompagné de ses danseurs et choristes, entame le refrain " ikalit i zout yiiiii", parmi l'un des plus populaires de son nouvel album : " Merci ". Le périmètre de sécurité imposé par les agents est vite franchi par la foule qui fait fi de cet énorme chien noir que tient fermement un vigile pour la dissuader de s'approcher des garde-fous. Il est environ 1h du matin ; on crie et se trémousse au rythme des instruments.

La fête et belle et chacun veut laisser parler sa joie. A chaque fois que sur la scène, on lance le refrain "ikalit i zout yiiiii ", c'est une armée de postérieurs qui se lèvent et se tortillent au rythme de la musique. C'est le délire ! La sécurité semble avoir du mal à contenir ce trop plein de gaieté qui se manifeste jusqu'au dessus de la clôture du camp d'où, certains ont préféré vivre le spectacle. Sur le sol, agents de sécurité et policiers pourchassent à la matraque les spectateurs qui ont investi le périmètre de sécurité. Seulement, à chaque fois qu'ils tournent le dos, une nouvelle vague débarque…
Passé ce moment de délire total, Tonton Ebogo dit Solo est venu mettre le tempo. C'est avec un ravissement non dissimulé que la foule a accueilli ce jeune loup de la musique camerounaise qui lui a fait (re)découvrir son dernier album "Zero la vie ", disponible dans les bacs depuis quelques jours seulement. C'est d'ailleurs ce titre qui a servi de transition entre le show et la publication des résultats du jury qui a consacré Lady Ponce, meilleure artiste bikutsi de l'année 2008 !