Se rendre directement au contenu principal / Go directly to main content

Menu de cette page : / This page’s menu:

Menu de cette page : / This page’s menu:

» Accueil/les brèves
Résultats par page : 5 | 10 | 20 | 50





Aller à la page 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | 32 | 33 | 34 | 35 | 36 | 37 | 38 | 39 | 40 | 41 | 42 | 43 | 44 | 45 | 46 | 47 | 48 | 49 | 50 | 51 | 52 | 53 | 54 | 55 | 56 | 57 | 58 | 59 | 60 | 61 | 62 | 63 | 64 | 65 | 66 | 67 | 68 | 69 | 70 | 71 | 72 | 73 | 74 | 75 | 76 | 77 | 78 | 79 | 80 | 81 | 82 | 83 | 84 | 85 | 86 | 87 | 88 | 89 | 90 | 91 | 92 | 93 | 94 | 95 | 96 | 97 | 98 | 99 | 100 | 101 | 102 | 103 | 104 | 105 | 106 | 107 | 108 | 109 | 110 | 111 | 112 | 113 | 114 | 115 | 116 | 117 | 118 | 119 | 120 | 121 | 122 | 123 | 124 | 125 | 126 | 127 | 128 | 129 | 130 | 131 | 132 | 133 | 134 | 135 | 136 | 137 | 138 | 139 | 140 | 141 | 142 | 143 | 144 | 145 | 146 | 147 | 148 | 149 | 150 | 151 | 152 | 153 | 154 | 155 | 156 | 157 | 158 | 159 | 160 | 161 | 162 | »

les brèves

Eartha Kitt, la légendaire panthère noire à la voix d’or

Ajouté le 02/01/2009

 par Imane Ayissi

 

 

 

 

Eartha Kitt était une diva unique dans son genre : un style, un regard, une manière d’être, une personnalité qui ne ressemblait à personne d’autre. Pourtant cette panthère glamour était juste elle-même, mais avec sa gestuelle particulière, sa manière spéciale de chanter et bien sûr sa voix si particulière, elle avait créé un style original qui était vite devenu une signature. Eartha Kitt, une voix puissante et envoutante ponctuée de grognements sensuels et arrogants…

 

L’artiste était née le 17 janvier 1927 dans une plantation de Caroline du Sud aux Etats Unis d’un père blanc et d’une mère descendante d’africains et d’indiens cherokee. Elle commence sa carrière artistique à l’âge de 16 ans comme danseuse dans la célèbre troupe de danse de Katherine Dunhan, ce qui lui permet de se produire dans toute l’Europe et en particulier à Paris où elle est reconnue comme une vedette d’élégance et de sensualité dès les années 50.

Elle embrasse ensuite une carrière de chanteuse, avec beaucoup de caractère et d’humour, son répertoire touche à tout va du jazz au disco en passant par le music hall. Elle joue également le rôle de Catwoman dans la populaire série télévisée « Batman » en 1967.

Elle chante dans une dizaine de langues, anglais, français, espagnol, portugais mais aussi dans différentes langues d’Afrique et se produit dans une centaine de pays.

 

Mais la carrière de celle qu’Orson Welles qualifiait de « femme la plus excitante du monde » est stoppée aux Etats Unis en 1968 où lors d’un déjeuner à la Maison Blanche elle prend publiquement position contre la guerre au Vietnam. Son choix d’un monde de paix, l’oblige alors à se produire à l’étranger et il faudra attendre 1974 pour qu’elle fasse un retour triomphal dans les plus grands cabarets de Brodway.

 

De ses premiers pas de danse sur les planches à son exil des années 70, Earta Kitt a gardé une place importante dans son cœur pour l’Europe et en particulier pour Paris, Capitale de la Haute Couture, dont elle se déclarait amoureuse et qui correspondait si bien à sa vision chic glamour, excentrique et dramatique du spectacle.

Eartha Kitt est l’une des rares artistes a avoir été nominée à la fois pour les tony, les grammy et les emmy awards qui récompensent annuellement le théatre, la musique et la télévision. Elle remportera d’ailleurs deux fois les emmy awards.

 

Eartha Kitt était hospitalsée depuis quelques temps dans un hopital new yorkais, et cette étoile de la chanson s’est éteinte le 25 décembre, jour de noël. La célèbre artiste américaine appartient désormais à l’éternité.

 

Quelques titres parmi ses célèbres chansons : « I want to be evil », « Where is my man », « Mademoiselle Kitt », « Let’s do it », « C’est si bon », « Santa Baby », J »e cherche un homme »… et « Something go wrong » tirée de son superbe album jazz sorti en 1991 où elle est accompagnée par Jerry Bergonzi, Joachim Kuhn, Jesper Lundgaard, Daniel Humair…

 

 

Imane Ayissi

Transport aérien : Camairco amorce enfin son décollage

Ajouté le 02/01/2009

Les membres du conseil d'administration et le Dg viennent d'être nommés, 27 mois après la création de la compagnie.
Brice R. Mbodiam

Ouf ! La Cameroon airlines corporation (Camairco), société de transport aérien à capitaux publics créée par décret présidentiel le 11 septembre 2006 en remplacement de la Camair, dont la cessation des activités n'a été constatée qu'en en mai 2008, est désormais en piste pour le décollage. C'est ce qui peut être subodoré après la publication les 29 et 30 décembre derniers de deux décrets du président de la République portant respectivement désignation du président et des membres du Conseil d'administration, et du directeur général de cette compagnie aérienne nationale.

En effet, le chef de l'Etat a nommé le 29 décembre dernier Philémon Yang, actuel secrétaire général adjoint n°2 de la Présidence de la République, au poste de président du conseil d'administration de Camairco. 24 heures plus tard, Paul Biya a désigné au poste de directeur général (Dg) de cette compagnie aérienne nationale, Gilbert Mintono, après la tenue du tout premier conseil d'administration de la compagnie. Selon les premières informations recueillies hier soir par Mutations, Gilbert Mintono, dont la nomination semble avoir surpris plus d'une personne dans les cercles du pouvoir du fait de sa relative notoriété ; est un pilote de ligne.

Militaire de formation, à en croire nos sources, Gilbert Mintono est titulaire d'un diplôme d'ingénieur en aéronautique. Et serait outillé dans les montages des compagnies aériennes, pour avoir participé, par exemple, au processus de mise en place de la compagnie aérienne de Taïwan. Au total, il a fallu attendre 27 mois marqués par une grosse secousse dans le processus de privatisation de la défunte Camair (rejet en 2007 de l'offre de l'adjudicataire provisoire désigné par le gouvernement en juin 2006), pour voir enfin la compagnie prendre effectivement corps, avec la désignation des principaux responsables de ses organes dirigeants.

Nomination
Dans l'intervalle, la mise en place de Camairco était pilotée à partir du ministère de l'Economie, où siégeaient les membres de l'équipe projet chargée de la mise en place de Camairco, laquelle est conduite par le chef de ce département ministériel, Louis Paul Motazé. Ce dernier avait annoncé, au cours de la première réunion de cette équipe projet tenue le 8 juillet 2008, que Camairco décollerait dans un délai de 12 mois. C'est-à-dire, courant octobre 2008. Deux mois après ce délai, Camairco demeure cloué au sol. Le 12 septembre 2008, au terme d'une autre réunion, le ministre Motazé, qui insistait pour que son rôle au sein de l'équipe projet ne soit pas vu comme une usurpation des fonctions du Dg dont la nomination était encore attendue (même si ses déclarations et instructions s'y apparentaient) ; avait annoncé que Camairco prospectait déjà -pour achat ou location de trois avions, dont deux Boeing 737 et un 767.

Ce qui laissait penser que la compagnie démarrerait avec quatre avions, dans la mesure où à côté de la prospection sus mentionnée, les ministres des Finances et de l'Economie avaient déjà annoncé le rachat du Dja, un Boeing 767 autrefois exploité en leasing par la défunte Camair. "Le Dja peut déjà être considéré comme un avion à mettre dans la flotte de Camairco", avait déclaré, un brin triomphaliste, Louis Paul Motazé, en s'adressant à la presse au terme de la réunion du 12 septembre dernier. Selon des sources proches du dossier Camairco, le gouvernement camerounais avait alors épongé une bonne partie de sa dette (et avait proposé un échéancier pour payer le reste) vis-à-vis du propriétaire de cet aéronef devenu le fleuron de l'ex-Camair après la vente du Combi, avant de conclure un accord d'achat dudit avion pour un montant global d'environ 30 milliards de Fcfa.

Biya limoge Njeuma et Kontchou

Ajouté le 30/12/2008

Un nouveau recteur à Yaoundé I, un nouveau président du conseil d’administration à Douala, les postes essentiels de l’Université de Maroua pourvus.

Fini le suspense ! L’Université de Maroua a enfin ses principaux responsables. Ils ont été nommés par des décrets du chef de l’Etat lus au journal de la Crtv-poste national hier, lundi 29 décembre. Parmi ces décrets, deux remplacent le président du conseil d’administration de l’Université de Douala et le recteur de l’Université de Yaoundé I. Des postes qui étaient respectivement occupés par deux dinosaures du Renouveau : Augustin Kontchou Kouomegni et Dorothy Njeuma. Les textes lus sont restés muets sur ce qu’ils deviendront.
Recteur de l’Université de Yaoundé I depuis le 10 septembre 2005, Dorothy Njeuma (née le 26 juin 1943 à Buea) qui a œuvré à la déstabilisation de l’Association de défense des droits des étudiants camerounais (Addec) au campus de Ngoa Ekellé, a toujours été présentée comme l’une des personnes indéboulonnables du système universitaire camerounais. Dame de fer, elle a fait mater plusieurs grèves d’étudiants à l’Université de Buea dont elle a été le premier Vice Chancellor (recteur), dès sa création en 1993. Professeur de biologie et de zoologie ayant occupé les fonctions de vice-ministre de l’Education nationale (gouvernement du 30 juin 1975 et du 4 février 1984) et de ministre délégué à l’Education nationale (gouvernement du 13 avril 1983 et du 18 juin 1983), elle est viré au moment où elle rentre d’une tournée au Mali, pour le compte du Nepad.

Le bon joueur et l’équipe
Augustin Kontchou Kouomegni (né en 1945 à Nkongsamba), quant à lui, a été nommé président du conseil d’administration de l’Université de Douala le 2 septembre 2005. Après un long passage à vide à sa sortie du gouvernement le 27 avril 2001. Ministre de l’Information et de la culture (gouvernement du 7 décembre 1990 et du 26 avril 1991), ministre de la Communication (gouvernement du 9 avril 1992), ministre d’Etat chargé de la communication (gouvernement du 27 novembre 1992, du 19 septembre 1996) et ministre d’Etat chargé des Relations extérieures (gouvernement du 7 décembre 1997), l’on avait cru que l’arrivée de cet agrégé de science politique à la tête du conseil d’administration de l’Université de Douala sonnait son retour dans l’establishment, pour un autre long bail.
D’aucuns disent que son limogeage est une preuve que le chef de l’Etat a choisi de donner raison au recteur Bruno Bekolo Ebe, dans les multiples conflits qui ont opposé les deux hommes concernant surtout la gestion des revendications estudiantines, l’ordonnancement du budget de l’institution, les crises entre le recteur et certains enseignants… Toutefois, Paul Biya étant imprévisible, nul ne saurait dire si c’est la fin pour “ zéro mort ”. Tout comme, l’on ne saurait pas s’aventurer sur l’avenir politique de Dorothy Njeuma

Revendications identitaires
Les nominations d’hier semblent confirmer la mise en route effective de l’Université de Maroua cette année. Elles mettent un point final aux batailles pour l’occupation des postes essentiels à l’Université de Maroua, relayées par Le Messager (n° 2711 du lundi 6 octobre 2008). Dans l’édition sus citée, le quotidien à l’écoute du peuple signalait que Saïbou Issa, nommé directeur de l’Ecole normale supérieure de Maroua, était en pôle position dans ces batailles.
Au-delà, l’on remarque une sorte de triomphe des revendications régionales. En scrutant l’origine régionale des personnes nommées, l’on constate que celles du Littoral et du nord, très actives ces derniers temps dans les revendications identitaires, ont la part belle. L’élite des régions du septentrion voulait, pour l’Université de Maroua, des dirigeants originaires de leurs régions. Leur vœu a été exaucée à 90% car, il n’y a que le recteur de l’Université de Maroua qui n’est pas du septentrion. Néanmoins, c’est un originaire du septentrion qui remplace Dorothy Njeuma à la tête de l’Université de Yaoundé I. A l’Université de Douala, c’est un originaire de la région du Littoral, Théophile Ngando Mpondo, qui est nommé à la place d’un originaire de la région de l’Ouest. Si une personnalité de la zone anglophone limogée a été remplacée par une autre – nommé à Maroua –, celle de l’Ouest virée dans le Littoral n’a pas été remplacée. Mais tout à l’honneur du septentrion dont quatre fils sur les six nommés ont été promus.
Le contenu de ce décret peut se lire comme un indicateur qui confirme que personne n’est intouchable dans le système universitaire, que l’Université de Maroua va effectivement démarrer cette année et que l’heure est à la satisfaction des revendications identitaires. Une manière pour Biya de rendre justice ?

Nomination dans les Universités d’Etat

Université de Douala
Pca : Ngando Mpondo Théophile
Université de Yaoundé I
Recteur : Oumarou Bouba
Université de Maroua
Pca : Youssoufa Daouda
Recteur : Ako Edward Oben
Secrétaire général : Haman Njallo, Chargé de cours
Ens Maroua
Directeur : Saïbou Issa, Maître de Conférence à l’Université de Ngaoundéré

Conseil d’administration de Camair co

Pca : Yang Philémon
Membres :
Représentant du Mintrans : Mindouka Paul Alain
Représentant du Minfi : Nguenang Joseph Désiré
Représentant du Mintour : Mme Ngomo Angeline Florence
 

Par Honoré FOIMOUKOM

Richard Bona

Ajouté le 30/12/2008

 

« Piratez les Richard Bona, Manu Dibango... et laissez les artistes locaux »

Epoustouflant. Le public en redemande. « Merci. Bonne soirée ! », lance Richard Bona avant de quitter le podium de Yaoundé en fête (Ya-fe) ce 27 décembre 2008. « C’est comme-ci il n’a même pas joué pendant 30 minutes », se plaint Parfait, un fan. Comme lui, plusieurs spectateurs veulent reclame encore Bona sur scène. « Il n’a pas chanté New-Bell », observe un autre. L’artiste s’y attendait. « Avec le public camerounais, ça ne suffit jamais. Si tu joues une heure, il te demande de jouer 2h, si tu joues 2h, il t’en demande plus… Mais j’ai hâte d’être sur scène et de montrer ce que je sais faire », confiait-il déjà le 23 décembre 2008 à la presse. Et ce qu’il sait faire, le public en a eu pour ses oreilles, et ses yeux.
Sans être un spécialiste, on est séduit par la dextérité de Richard Bona avec sa guitare basse à cinq cordes. Blues, soul, salsa, mangambeu, makossa… L’artiste et sa guitare forment un couple harmonieux. Ses doigts caressent les cordes, tapent quelques fois dessus. Il en sort des sonorités parfois surprenantes venant d’une guitare basse. Les mouvements de son corps et ses mimiques faciales vont avec. Il semble aller chercher ses sonorités dans ses entrailles. Peu de dire que la foule est électrisée. Jaco Pastorious, Stevy Wonder, Pierre Didi Tchakounté, John Legend… Le tout à la sauce Richard Bona. Son doigté semble n’avoir d’égal que sa voix. « Je suis d’abord un conteur », dit-il. Le compteur né à Minta (Est) en 1967 sait reproduire toutes les gammes avec sa voix, et même les instruments. Bass, harmonica, guitare… Rien ne lui résiste.
« C’est un magicien ! » lance un spectateur conquis. La magie ? Bona promet d’en faire. Grâce à un dispositif actionné par des pédales au sol, il chante, enregistre au même moment, superpose sa voix sur différentes gammes, mime la basse. Il en ressort une chanson composée en live. L’auteur de « Scene from my life » sait aussi amener le public à chanter. Il joue même les devins. « Le Cameroun va remporter la coupe du monde 2010 », annonce-t-il. C’est le délire dans la foule. Un délire d’une heure et demi. Richard Bona vient de boucler sa saison 2008. Chez lui. Environs 160 concerts donnés à travers le monde. Rendez-vous le 15 janvier 2009 à Marseille. Ensuite le 20 janvier à la Maison Blanche pour l’investiture de Barack Obama. Les deux premiers mois de 2009 sont déjà bouclés pour le bassiste camerounais. Avant ce concert à Yaoundé, il s’est confié à votre journal. Sa musique, la piraterie, sa personnalité, son prochain album, ses déboires en France… Richard Bona parle de tout.

Edouard TAMBA


C’est assez rare de vous avoir en concert au Cameroun. Que ressentez-vous, et pourquoi avez-vous accepté l’invitation?
C’est génial. Je viens à un concert gratuit pour tout le monde. Je ne l’ai jamais fait au Cameroun. J’ai souvent rêvé de le faire, mais je ne suis pas un organisateur. Mtn Cameroon me permet de le faire, c’est génial. J’ai accepté l’invitation d’abord parce que c’est mon pays. On est fier, on est content de rentrer dans son pays. J’étais dans l’avion avant hier, il y avait plus de 20 joueurs. J’ai pensé qu’ils avaient un match à jouer au Cameroun. Et ils me disent « non C’est la trêve et on va au pays ». J’ai trouvé ça bien, et ça m’a donné beaucoup de fierté. J’aimerai revenir tous les ans. Il le faut.

Vous exprimez un attachement profond au Cameroun, mais paradoxalement, c’est un pays où on ne retrouve pas vos Cd originaux dans les commerces...
Je ne vends pas les Cd, je joue la musique. Il n’y a pas de distributeur au Cameroun. Il faut un bon distributeur et vous aurez les Cd originaux. Mais en même temps, les Cd qui ne sont pas originaux, il faut faire avec ce qu’on a. Moi je ne suis pas contre la piraterie. Quand on regarde bien, un petit garçon m’interpelle dans la rue « Hey boss », il me montre mon Cd, il en a 4 ou 5. Vraiment... ces Cd nourrissent quelques enfants à la maison.

Vous le dites parce que vous êtes un artiste de dimension planétaire?
Je parle de moi. Pour les artistes locaux qui n’ont que ce marché, il faut qu’on trouve des solutions. On ne peut pas bannir la piraterie comme ça. Voilà ce que je propose. On pourrait dire à ces gens « Ne piratons pas les artistes locaux. Piratez les Richard Bona, Manu Dibango etc. et laissons les artistes locaux ». Il faut trouver des solutions comme ça. Ce n’est pas en les traquant dans la rue. On vit par rapport à comment on est. On est entrain d’évoluer. Les gens nous demandent d’être démocrates d’un seul coup. On vient des chefferies traditionnelles, donc laissez nous le temps, que l’Afrique se développe à sa vitesse. En Europe, ça ne s’est passé comme ça. Aux Etats-Unis, il y a eu des milices, pendant des années, il n’y avait même pas de gouvernement.


Revenons à la musique. Les puristes du jazz pensent que n’en êtes pas un. Et que vous avez tendance à faire une musique plutôt commerciale. Qu’en est-il ?
Ce n’est pas du commercial. C’est la culture de chez moi. On est dans un truc où il ne faut pas trop en faire et oublier nos racines. Nos racines ne sont pas dans l’instrumental. C’est dans le conte. On est comme des griots. Mon grand-père était conteur, et il improvisait en contant. Donc j’essaye de mélanger mon background d’improvisateur avec ma racine. Si on ne conte plus nos histoires, c’est fini. Si nous les Africains on ne chante pas en africain, qui va le faire? Michael Jackson ne va pas chanter en nos langues.

Le Festival national des arts et de la culture (Fenac) vient de s’achever avec la participation de plusieurs artistes camerounais de la diaspora. Mais vous n’y étiez pas...
Je n’ai pas été invité. Si on m’invite, je viens, c’est mon pays; les détails, on verra après. J’ai vu Manu hier, il en était très content. Je n’ai pas été convié. Peut -être l’an prochain, si déjà ça se répète ; ou dans deux ans. Si je suis invité, je vous promets d’être le premier à l’aéroport et je paie mon billet d’avion.

Quels échos avez-vous eu de cet événement ?
J’ai eu quelques échos disant que l’organisation n’était pas complète. Mais comme je dis, quand un bébé grandit, il faut qu’il tombe de temps en temps pour que ses côtes se solidifient. Quand je viens par exemple pour Mtn Cameroon, n’allez pas croire que tout c’est très bien passé. Mais le plus important, c’est de venir et que ça se fasse. Les détails qui n’ont pas marché cette fois-ci, on va les retravailler la prochaine fois.

Il y a 13 ans de cela, les autorités françaises refusaient de renouveler votre titre de séjour au prétexte qu’il y a environ 1 600 bassistes locaux au chômage. Comment avez-vous géré ce rejet ?
Moi, je suis un seigneur. Je ne me souviens que des bons moments de ma vie. Lorsqu’on me refuse une carte de séjour, je vois ça comme une opportunité. It’s time to move on. C’est le moment de faire autre chose. Tout ce qu’il y a dans la vie arrive pour une bonne raison. Si j’étais resté en France, peut-être que j’aurais eu un accident or whatever. Je ne m’énerve plus jamais. I just take it cool. La vie des fois, on ne sait pas. You just never know. Tu vois des fois, les gens arrivent au feu rouge et s’énervent parce qu’ils sont pressés. Peut-être qu’à ce moment, le feu rouge vient de leur sauver la vie.

Vous préparez actuellement un album qui apparemment sera orienté vers le blues. Peut-on en savoir plus ?
Mes albums, c’est comme des projets. Je n’essaye pas de faire des disques à caractère commercial. Encore que, si je veux faire du commercial, attention... je peux faire du bon commercial (rires). J’essaye de faire une musique qui amène les gens à réfléchir. Qu’ils l’aiment ou pas, je veux que ça les fasse réfléchir. Avec la façon dont je superpose mes accords et mes mélodies, je veux que quand on écoute ma musique, on s’écrie « waouh! Je n’avais jamais entendu ça ».
Vous savez, le blues est issu d’Afrique. Mais, ce n’est pas une musique, c’est une gamme. Les gens ont tendance à penser que le blues, c’est ... (il mime des mélodies de blues américains) Non ! Le blues c’est une gamme pentatonique. Tu la retrouves au Mali, au Cameroun, en Inde... Ce sont les mêmes notes. C’est l’interprétation qui est un peu différente. Je vais montrer comment le blues est venu d’Afrique, la sophistication du blues. Dans le delta du Mississipi aux Etats-Unis, tu entends le blues. Quand tu vas à Memphis dans le Tennessee, il y a un autre blues là-bas. A New York, c’est un autre blues. Nous avons notre blues. Le bikutsi, le makossa, c’est notre blues. Donc j’essaye de mettre ça dans un album que je vais appeler « The twelves shades of blues », les douze ombres du blues. C’est ce que j’essaye de faire. La sortie est prévue pour le 24 octobre 2009. Je suis encore entrain de travailler dessus.

Contrairement à certains artistes, votre caractère semble trempé dans de l’acier. Vous êtes parti de chez Sony music pour avoir refusé de reprendre un classique de Sting en l’intitulant « I’m a African in New York ». Les majors ne vous dictent pas leur loi ?
Je suis parti d’un major pour un autre. Ce n’est pas ça le problème. Le truc, c’est que je ne veux en aucun cas que ma musique soit l’idée d’un commercial. Quand je signe mon contrat, c’est bien stipulé que l’artistique vient de l’artiste. C’est moi l’artiste. Le commercial, c’est celui qui va aller vendre les disques. Je joue ma musique, vous la vendez. Chacun reste un peu à sa place. Avec Sony on a fait deux albums, tout se passait bien. Vous savez comment sont les commerciaux... Ils me demandent de chanter en anglais. Je dis non. Je suis un compositeur. Je viens d’Afrique. J’ai envie de chanter mon histoire aussi. Je chante mon histoire. Je ne vais pas chanter l’histoire de Sting et autres. Ils ont déjà chanté leur histoire, je chante aussi la mienne. Comme je dis souvent, si je ne le fais pas, qui racontera l’histoire africaine? Je suis fier que l’Afrique ait produit quelqu’un comme moi. Quand je vois les gens comme Eto’o, Manu Dibango, Salif Keita, Youssou N’Dour... L’Afrique est contente d’avoir des talents pareils. Laissez nous aussi nous exprimer avec notre Kpwem, notre Mbongo Tjobi, notre Ndolè...

Toujours à propos de votre caractère, vous avez refusé d’accompagner Britney Spears en concert. Pourquoi?
Il y a longtemps ça. Quand j’étais encore chez Sony, quelqu’un m’a proposé d’aller en tournée avec Britney Spears. C’était un directeur artistique du département Columbia Records. C’est lui qui m’a fait la proposition et je lui ai dit non. Qu’est-ce que je vais aller jouer avec Britney Spears ? Franchement…

Il se raconte que vous aviez décliné l’offre en relevant que vous étiez déjà musicien alors que Britney portait encore des couches-culottes...
Non, non. Je respecte tous les artistes. Mais Britney, ce n’est pas mon truc quoi. J’ai tout simplement dit que je ne peux pas faire ça, ce n’est pas valorisant pour moi. Je n’aurais rien à jouer. Britney Spears, c’est deux notes toute la soirée. Je respecte ça, mais ce n’est pas du tout mon créneau. Aujourd’hui, je suis encore ami ce directeur artistique. C’est lui qui m’a fait faire un duo avec John Legend dernièrement. Il m’a dit: « John veut que tu écrives un morceau ». Au départ, c’était pour la Coupe monde en Allemagne. Mais pour des raisons de maisons de disques encore, il n’a pas pu signer avant que la Coupe du monde ne se joue. Du coup on l’a fait. Ca s’appelle « Please don’t stop », un morceau que j’ai écrit. John Legend, yes! You know, il est venu, j’ai fait le morceau exprès pour lui. Maintenant, il y a d’autres artistes, il faut faire attention. C’est comme au foot. Il y a des joueurs, tu peux les mettre au milieu du terrain, ils sont tous bons, mais ça ne marche pas.

Richard Bona connaît toutes les scènes du monde, tous les publics... mais, a-t-il une préférence?
Le Cameroun. Le Cameroun, chez moi man. Quand je joue ici, c’est le meilleur public que ce soit. Les gens me donnent même des morceaux de poulet sur scène. (Eclat de rires). Où est-ce que tu vois ça?
 

Par Entretien avec Edouard TAMBA
Le Messager
Le 30-12-2008

Commune de Mbang : L'habitat précaire au menu du Conseil

Ajouté le 30/12/2008

Le maire annonce des casses au cours de l’exercice 2009.
Sebastian Chi Elvido à Mbang

Le vote du budget 2009 n'a pas été le seul point à l'ordre du jour au cours de la session ordinaire du conseil municipal de la commune de Mbang, unité administrative dans le département de la Kadey à l'Est. En descendant dans le chef lieu de cet arrondissement le 18 décembre 2008, le préfet Sibama Pichock, avait deux sujets à traiter dans son sac. Il s'agissait de la sécurité et de la session budgétaire de la commune de Mbang. Sur le premier point, il était question de remettre de l'ordre dans la ville de Mbang, devenue le refuge des hors la loi comme en témoigne l'insécurité ambiante faite d'actes de vandalisme et du vol. La sous préfecture par exemple au cours de l'année qui s'achève a reçu 3 visites des malfrats, l'unique groupe électrogène de la ville et le château d'eau ont été l'objet d'actes de vandalisme. A cet effet, Sibama Pichock a mobilisé toutes les forces de maintien de l'ordre du département de la Kadey appuyées par une équipe de la légion de gendarmerie de l'Est et le groupement mobil d'intervention Gmi No 7 de Bertoua, une fouille systématique de tous les quartiers de la ville a permis de récupérer entre autres, 30 motos, 28 téléviseurs, 23 lecteurs dvd volés ainsi que 3 repris de justice.

Par la suite, Sibama Pichock a présidé le 20 décembre, la session ordinaire du conseil municipal de la commune de Mbang, consacrée à l'approbation du compte administratif 2007 et à l'examen et vote du budget 2009. Au terme des délibérations, les 24 conseils municipaux présents ont, après examen des documents, adopté le compte administratif 2007 et voter le budget 2009 chiffré en recettes et en dépenses à la somme de 617 millions contre 583 millions en 2008. Un budget qui a connu une légère augmentation expliquée par le maire Joseph Camille Ngolzamba du fait que les 10% des recettes de la redevance forestière qui étaient jusqu'à là reversée aux populations riveraines seront désormais investis directement par la commune dans les projets de développement. Le préfet de la Kadey lors des délibérations a exhorté cette municipalité à chercher d'autres sources de revenu car les redevances forestières sont appelées à disparaître.

Au cours de la session, l'habitat précaire des populations de Mbang a été un autre point préoccupant. Le préfet de la Kadey s'est inscrit en faut contre le fait que plus de 90 pourcent de la ville de Mbang soit construit en matériel provisoire constitué essentiellement des planches obtenus grâce à la présence de la Sfid à Mbang alors que dans les villages la situation est plus catastrophique avec des maisons construites entièrement en paille. Sur ce point Sibama Pichock a exigé la mise sur pied immédiate d'un plan d'urbanisation par la commune avec la construction des maisons soit en briques de terre ou en parpaings. Le maire de la commune de Mbang, Joseph Camille Ngolzamba a pour sa part promis d'engager une campagne de sensibilisation dans ce sens mais a confirmé qu'en cas de résistance par les populations, la commune va procéder à la casse comme le fait Gilbert Tsimi Evouna à Yaoundé.

Communauté urbaine : Tsimi Evouna limoge Mama Fouda

Ajouté le 30/12/2008

Le délégué du gouvernement excipe l'indisponibilité du président de la Commission des affaires domaniales.
Léger Ntiga

"Est constatée, pour compter du 19 décembre 2008, l'indisponibilité avérée du président de la Commission des Affaires domaniales et des Infrastructures (…) La présente décision sera enregistrée, publiée et communiquée partout où besoin sera". C'est en ces termes que le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé (Cuy) et président du Conseil de Communauté, Gilbert Tsimi Evouna a informé par courrier signé le 23 décembre 2008, sa tutelle (Gouverneur du Centre et préfet du Mfoundi) et les Conseillers auprès de la Communauté de la décision signée du 19 décembre, "constant l'indisponibilité du président de la Commission des Affaires domaniales et des Infrastructures" (Cadi), André Mama Fouda par ailleurs ministre de la Santé publique.

La mesure prise par le super maire de Yaoundé accompagne une correspondance adressée aux membres de la Commission concernée, qu'il convoque pour une session ce 30 décembre 2008 à 10h dans les locaux de l'Hôtel de ville. Au cours de la journée d'hier, plusieurs membres du Conseil de Communauté approchés ont dit ne pas être au courant de la décision qui, apparemment, n'a été servie qu'aux seuls conseillers membres de la Commission des Affaires domaniales et des infrastructures. Car, interrogés sur la mise à disposition des dits documents, pratiquement tous ses membres ont répondu par l'affirmative. De son côté, plusieurs fois sollicité au cours de la même journée d'hier, le président de la Cadi, André Mama Fouda n'a pu être joint en dépit des messages verbaux et écrits laissés dans ses services et téléphone. La réponse à chaque fois, aura été la même : "le ministre est en réunion".

Refus
De son côté, le délégué du gouvernement, Gilbert Tsimi Evouna n'a pas souhaité réagir à sa propre décision. Les tentatives des reporters de Mutations ont buté sur l'avis réservé de son entourage qui a fait dire que "le délégué ne souhaite pas parler à la presse avant la tenue du conseil". Pour autant, nombre de conseillers s'interrogent sur le fondement de la décision de Gilbert Tsimi Evouna qu'il adosse sur différents textes dont la constitution, au moins trois lois et deux décrets. De leur côté, certains membres du Conseil disent ne pas bien comprendre la décision du président du Conseil. Dans la mesure où, André Mama Fouda s'est régulièrement fait représenter aux travaux. Ils sont surtout étonnés de ce qu'à côté du constat qu'il fait, le délégué prend une décision aussi importante qu'il ne communique qu'à une partie du Conseil de Communauté. Une décision prise comme on peut le lire quelques temps seulement après la fin des travaux le 19 décembre dernier.

Dans l'attente des délibérations et de l'aboutissement des travaux qui se tiennent à l'Hôtel ville ce 30 décembre, il faut dire que le limogeage de M. Mama Fouda n'intervient pas à un moment des plus sereins dans les allées et couloirs de la Cuy où le 19 décembre, le Conseil de Communauté a refusé de valider des conventions signées de longue date avec certains partenaires par M. Tsimi Evouna qui, visiblement n'a pas digéré ce qu'il considère comme un affront. Au rang des commissions qui se seront manifestées par un refus catégorique, figure en bonne place, la Cadi. Les conventions incriminées concernaient l'ex-Camp Sic Tsinga et le lieu dit marché Sho. Un refus qui intervenait au moment où le délégué du Gouvernement avait déjà vu ses méthodes décriées par l'Agence de régulation des marchés publics (Armp).

Votre journal avait d'ailleurs relayé, il n'y a pas longtemps, la passe d'armes épistolaire entre le directeur général, Jean-Jacques Ndoudoumou et le délégué Gilbert Tsimi Evouna. En clair, le Conseil de Communauté reproche au délégué du gouvernement son initiative relative à la signature, le 30 juillet 2008, de la convention de partenariat pour la réalisation d'un programme immobilier sur le site de l'ex camp Sic Tsinga", entre Gilbert Tsimi Evouna et le représentant de la société Timbal. L'autre blocage aux travaux est venu du type de convention signé par le délégué du gouvernement. Les membres du Conseil auront proposé le "Built operate transfer" (Bot), qui devrait permettre à la Communauté urbaine de garder la pleine propriété de son terrain et de celle des immeubles à bâtir, après une durée raisonnable de 25 ans) par exemple comme avait proposé une commission.

L'entrée à la police fait un mort et 50 blessés

Ajouté le 30/12/2008
Concours :
Les bousculades sont à l'origine du drame qui s'est produit hier à l'Ecole de police.
Patricia Ngo Ngouem

Impossible de circuler sur la route menant à l'Ecole nationale supérieure de police sise au quartier Ekoudou à Yaoundé en ce lundi 29 décembre. Une voiture de la police stationnée sur la chaussée, en empêche l'accès à tous les automobilistes. La banque Uba a dû fermer, de peur de voir ses locaux saccagés par la masse. Une foule compacte, constituée de jeunes gens - un millier environ - obstrue la chaussée. Il s'agit notamment de candidats venus remplir les formalités d'inscription en vue de passer le concours de la police récemment lancé par la Sûreté nationale. Agglutinés devant le grand portail bleu, certains postulants guettent désespérément l'ouverture des portes. D'autres, exténués, n'ont trouvé mieux que de s'asseoir à même le sol, soit pour piquer un petit somme, reposer les jambes endolories par une longue attente debout, ou se remplir le ventre. Tandis que d'autres en profitent pour faire la causette, histoire de tuer le temps.

Toutes les conversations ou presque tournent ainsi autour du "drame" qui s'est produit plus tôt dans la matinée. Et qui a officiellement fait un mort, Wirbo Elvis Berenuy, et 45 blessés, d'après le communiqué rendu public hier par le Délégué général à la sûreté nationale (Dgsn) Edgar Alain Mebe Ngo'o, descendu à l'Hôpital central de Yaoundé (Hcy) où ont été conduits les victimes. Profitant par là pour adresser ses condoléances et celles du gouvernement à la "famille éprouvée". Un bilan qui semble avoir été revu à 50 blessés à la lecture de "la liste des victimes de l'accident qui s'est produit ce matin à l'Ecole de police" affichée à l'entrée du service des urgences de l'Hcy à Messa, soit cinq de plus que ceux annoncés précédemment par le Dgsn. "Nous attendions tous devant le portail. Lorsque le portail a été ouvert, tout le monde a voulu se ruer à l'intérieur. Les policiers ont voulu refermer le portail, mais la pression était trop forte. Il y a eu des bousculades, les gens sont tombés et ont été piétinés. C'est ça qui a causé le drame", raconte Mohamadou. "Il y avait des blessés et des gens évanouis partout. Les policiers ont déchargé certains taxis pour les évacuer à l'hôpital. L'ambulance des sapeurs-pompiers est arrivée un peu plus tard. C'était vraiment la panique", renchérit Martine Mendouga, venue retirer la fiche de versement des frais de concours. Ajoutant que : "Certains en ont profité pour fouiller les poches avant d'être interpellés par la police"

Mort
Aux urgences de l'Hcy, les blessés sont, "tous pris en charge par le gouvernement", selon le communiqué du Dgsn, on apprend du chef de service des urgences, le Dr Etoundi Mballa, que plusieurs souffrent de contusions, de fractures ou de chocs émotionnels. Si certains ont pu sortir hier, ceux dont l'état de santé est jugé préoccupant - une dizaine- restent en observation, parmi lesquels "quatre cas de traumatisme crânien et un cas de fracture du fémur" précise les sources hospitalières. Assis ou couchés sur des civières, des lits ou des bancs, les vêtements poussiereux ou tâchés de sang, les "accidentés" semblent encore être en état de choc. Si c'est derniers peuvent se réjouir de s'en tirer vivants, ce n'est pas le cas du frère aîné de Wirbo Elvis Berenuy, le jeune étudiant en Master II en histoire à l'université de Yaoundé I, âgé de 24 ans, qui a trouvé la mort dans "cet incident malheureux" tel que qualifié par le Dgsn.

"Maffia"
"On m'a appelé pour me dire que mon frère a eu un accident. Je suis arrivé à l'hôpital et j'ai trouvé qu'il est mort", lâche dans un souffle Wirbo Humphrey, la mine assombrie par la douleur. "Le corps ne pourra être rendu à la famille qu'après l'autopsie", affirme le Dr Etoundi Mballa. "On a frôlé la mort !", laisse tomber Constant Tsague Metampa, assis sur une chaise roulante, avant d'être pris d'un rire convulsif. "J'ai vu des gens tombés sous l'effet de la bousculade et être piétinés. Moi aussi je l'ai été. Je m'en tire d'ailleurs avec une fracture au genou. Je dois faire la radio", avance cet étudiant. Un autre, le visage marqué par la douleur, claudique jusqu'à l'une des salles de soins, soutenu par un vigile et une infirmière. Même si nombreux sont ceux qui disent avoir perdu leurs frais d'inscription ou leurs dossiers de candidature dans la mêlée, notamment les diplômes, tous remercient le ciel d'être encore en vie.

Les familles, alertées, ont aussitôt rejoint à l'hôpital. Un vigile, indifférent aux supplications et autres menaces proférées par les proches des victimes, leur interdit toutefois l'accès. "On ne nous laisse pas entrer. On ne sait pas comment vont nos enfants", s'écrient plusieurs mères, dont la mère de Raymond Bitjick, âgé de 20 ans. Certains sortent leurs téléphones pour joindre leur fils ou fille. Soulagement quand la victime répond au téléphone, angoisse quand la ligne sonne dans le vide. L'anxiété se lit sur les visages et certains ne peuvent refouler leurs larmes.
Depuis le lancement du concours direct pour le recrutement dans la police d'élèves commissaires, officiers, inspecteurs et gardiens de la paix - concours réservés aux jeunes gens des deux sexes de nationalité camerounaise âgés entre 17 et 27 ans, les concours spéciaux étant destinés aux fonctionnaires en activités - élèves, étudiants et personnes sans emploi se bousculent devant les portes de l'Ecole de police. Certains sont là pour déposer leurs dossiers, d'autres pour retirer les fiches de versement ou payer leurs frais de concours (10.000 Fcfa pour les inspecteurs et les gardiens de la paix et 15.000 Fcfa pour les commissaires et les officiers).

Un policier en fonction à l'entrée de l'école ordonne aux jeunes de reformer des rangs. "Dégagez ! Ne bouchez pas l'entrée", s'époumone un autre devant le portail central. Face à la réticence de certains postulants, des policiers casqués font semblant de se servir de leur matraque. Devant le bâton noir, les candidats reculent précipitamment. Manquant de se marcher dessus. "Le matin, l'une des files arrivait jusqu'à l'échangeur simplifié", soutient Désiré Many, sans emploi, venu tenter sa chance comme les autres. "Mon dossier est complet, je dois juste retirer la fiche. Cela fait plus d'une semaine que je suis là", affirme Martine Mendouga. Comme cette dernière, plusieurs candidats hantent ces lieux depuis des jours, voire des semaines, dans l'espoir de retirer ladite fiche. Certains, découragés, ont fini par jeter l'éponge. Lorsque les rangs se forment à nouveau, on apprend que les fiches sont finies. "Que chaque candidat prenne un format A4 et y inscrive son nom, son prénom, le concours sollicité et le montant des frais d'inscription", hurle un policier en équilibre sur un tabouret, essayant de couvrir le bruit des voix. Aussitôt dit, aussitôt fait. Les candidats sortent papier et stylo pour marquer lesdites indications. Ceux qui ne disposent pas de papier de format A4 vont en acheter auprès du vendeur ambulant.. La grogne monte dans les rangs, les candidats imputant cette "pénurie de fiches" à la "maffia" créée par les hommes en tenue.

Arnaque
"Les policiers nous vendent les fiches de la banque alors que celles-ci sont gratuites. Or sans fiche, impossible de payer les frais de concours et ils le savent", tempête Maxime Olivier, étudiant à l'université de Yaoundé I. Plusieurs candidats se disent également victimes de "l'arnaque" organisée par les policiers. "J'ai dû donner 2.000 Fcfa pour avoir cette fiche. C'est un business qui se passe sous le manteau", ajoute ce dernier. Florent. Il a cependant réussi à se procurer ladite fiche sans avoir eu à soudoyé les policiers. "Je suis allé directement à la Bicec retirer la fiche”. Une joie de courte durée hélas ! "Le problème, c'est que la fiche est remise en même temps que le coupon sur lequel est écrit le numéro de passage à la banque. Or, il me faut également ce coupon". Lequel est vendu "illégalement à 5.000 Fcfa".

"Nous avons pris des dispositions pour identifier et interpeller les auteurs de ces réseaux" a déclaré le Dgsn Edgar Alain Mebe Ngo'o sur les ondes de la Crtv. Suite à l'incident d'hier, ce dernier a décidé de repousser le délai de dépôt des dossiers initialement prévu le 2 janvier, au vendredi 16 janvier 2009 pour les élèves commissaires et officiers de police et au vendredi 30 janvier 2009 pour les élèves inspecteurs et les élèves gardiens de la paix, afin de "permettre au maximum de candidats de poursuivre les formalités d'inscription". Une nouvelle accueillie comme une bouffée d'air par les candidats qui mettent aussi à profit ce temps pour compléter la constitution de leur dossier par des attestations de réussite aux examens nationaux auprès des ministres compétents où, au vu des files des postulants, ce n'est non plus une partie de plaisir.

Mais qu'est-ce qui explique cette ruée de jeunes Camerounais vers ce concours de la police ? A cette question, les réponses sont unanimes : "C'est pour le matricule !". Autant dire que ces jeunes, en proie à la précarité du marché de l'emploi, disent vouloir intégrer le corps de la police, "faute de mieux". Pour certains même, il est plus que primordial de tenter le coup, surtout "qu'une occasion pareille ne se représentera pas de si tôt". Cependant, il ne suffit pas de déposer un dossier pour avoir accès à la police. Certains sont car jugés incomplets - reste à être retenu après les épreuves écrites et orales. Et ce, dans la limite des places requises : 40 pour les commissaires, 100 pour les élèves officiers, 300 pour les inspecteurs et 1.200 pour les gardiens de la paix. Ce qui n'est pas gagné d'avance.

Liste des victimes
Mort
Wirbo Elvis Berenuy, 24 ans

Blessés
Abada Virginie, 22 ans
Melingui Martin Georges, 19 ans
Safeuda Roger, 45 ans
Assiga Jean-Roger, 20 ans
Bilong Nguidjol, 24 ans
Beyeme Augustin, 20 ans
Enama Nanga, 25 ans
Toche Narcisse, 26 ans
Ayomba Tsassa, 23 ans
Bitjick Raymond, 20 ans
Bessonge, 23 ans
Ngo Koso Charles, 21 ans
Ngassa Nana Edmond, 22 ans
Biloa Nkala Alphonsine, 21 ans
Tsekane Arebama, 21 ans
Fotsing Claude Benjamin, 31 ans
Ntcham 22 ans
Effemba Ebale Stève Fabrice ; 24 ans
Donche Sylviane, 18 ans
Adjidja Bessa, 21 ans
Ndigui Félix, 22 ans
Enyegue Bienvenu, 24 ans
Ngompe Tango Gaétan, 21 ans
Zangue Nelly, 20 ans
Alobwede Oscar, 20 ans
Bandolo Ombwa, 18 ans
Abolo Assogolo, 18 ans
Manga Stéphanie, 26 ans
Zibi Awomo Rodrigue, 20 ans
Youssouf Njikam, 24 ans
Nga Germaine, 21 ANS
Essola Dang Charmant, 23 ans
Bella Nkoa Léa, 22 ans
Tsague Metampa Constant, 27 ans
Elie Georges, 25 ans
Ngono Marie, 25 ans
Minkeng Simon, 19 ans
Tchouem Monto, 18 ans
Domte Mireille, 21 ans
Nkolo Antoinette
Fouda Doris, 26 ans
Minsili Marcellin, 23 ans
Mekontchou Fotso, 21 ans
Azang Bargo, 23 ans
Madame X
Djoyo, 25 ans
Ngum Lesley Ngom, 18 ans
Promise Dorise, 24 ans
Asse Nomo Mireille, 20 ans
Semenga Ngoumou Gilbertine, 19 ans
Bikono Samba Gallus Fridolin, 21 ans

Présidentielle au Ghana: victoire en vue pour le candidat de l'opposition

Ajouté le 29/12/2008

L'opposant John Atta-Mills serait en tête du second tour de la présidentielle qui s'est déroulée dimanche au Ghana, selon des résultats non officiels rapportés lundi par des media locaux portant sur 187 circonscriptions sur 230.

 
Le candidat Nana Akufo-Addo vote lors du 2e tour de la présidentielle au Ghana, le 28

Alors que les opérations de dépouillement ont commencé après la fermeture des bureaux dimanche à 17h00 (locales et GMT), la radio privée Joy FM annonçait que le candidat du Congrès national démocratique (NDC) obtiendrait 51,86% des voix contre 48,14% à Nana Akufo Addo, du Nouveau parti patriotique (NPP, au pouvoir).

La chaîne privée Metro-TV donnait une tendance similaire sur 185 circonscriptions. Les premiers chiffres officiels indiquent également que John Atta-Mills possède une légère avance, mais ces résultats ne portent que sur 38 circonscriptions.

Les résultats partiels et non officiels, s'ils se confirment, constitueraient un retournement de tendance par rapport au premier tour du 7 décembre qui avaient mis aux prises sept candidats, et avait été remporté de peu par Nana Akufo Addo, un avocat de 64 ans, avec 49,13% des suffrages, contre 47,92% pour John Atta-Mills, un professeur de droit également âgé de 64 ans.

C'était la troisième fois qu'Atta-Mills se présentait et il avait abordé le face à face final avec confiance.

Parallèlement au premier tour de la présidentielle, le NDC avait en effet remporté la majorité au Parlement (avec 114 sièges contre 107 pour le NPP). Les 9 sièges restants sont revenus à des partis minoritaires ou à des indépendants.

Quelque 12,5 millions de Ghanéens étaient appelés à voter dimanche pour choisir un successeur à John Kufuor, qui quitte la scène après huit ans de pouvoir en léguant un pays considéré comme un modèle de démocratie en Afrique.

Mais alors que le premier tour a été unanimement salué comme un modèle de transparence et de démocratie pacifique, le second a été alourdi par des accusations croisées de fraude, alors que les observateurs étrangers croient toujours que ce scrutin servira de modèle à tout le continent africain.

Ces crispations de dernière minute avaient poussé John Kufuor à lancer un appel au calme à la veille du scrutin: "nous devons tous rester calmes et aller voter, pour que ce scrutin soit pacifique et légitime", avait-il déclaré après un entretien avec la secrétaire d'Etat adjointe américaine aux Affaires africaines, Jendayi Frazer.

Cette dernière avait estimé dès dimanche soir que les deux partis en lice se comportaient de façon "irresponsable" en se jetant à la figure des accusations de fraude.

"Il est irresponsable de continuer à répandre des rumeurs que rien ne vient étayer. Certaines personnes tentent de monter un dossier avant la fin même du vote au cas où ils perdraient, on a vu ça partout en Afrique", avait-elle déclaré.

Traduction concrète de la montée des tensions, les observateurs locaux et internationaux ont communément estimé lundi que le second tour avait été émaillé de bien plus d'incidents que le premier.

Le groupe d'observateurs locaux CODEO, qui avait déployé 4.000 personnes sur le terrain, a ainsi fait part de sa "préoccupation face au nombre croissant d'incidents", ajoutant qu'il enquêtait sur des dizaines de cas d'irrégularités présumées.

Aucun taux de participation n'était disponible lundi. Le résultat final de la présidentielle devrait être connu d'ici mercredi.

Massacre à la machette dans une église de RDC

Ajouté le 29/12/2008

 

Des dizaines de fidèles ont été tués à la machette dans une église d'une région reculée du Congo-Kinshasa, rapportent des témoins. L'Ouganda impute ce massacre aux rebelles de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), qui nient toute implication.

Une femme qui a réussi à s'enfuir de l'église dit avoir vu une trentaine de personnes tuées. Mais l'armée ougandaise parle de 45 civils tués. Pour le gouverneur de la Province orientale de RDC, Médard Autsai Senga, le bilan dépasse les 75 morts. Et pour l'armée congolaise, il se situe entre 120 et 150 morts.

Le bain de sang a eu lieu le lendemain de Noël, dans une région de la RDC frontalière du Soudan et de l'Ouganda. Les armées des trois pays ont lancé tout récemment une offensive conjointe contre l'Armée de résistance du Seigneur, qui y sévit depuis une vingtaine d'années.

Les rebelles de la LRA ont démenti toute implication, accusant l'armée ougandaise d'avoir commis le massacre. Cependant, un témoin affirme les avoir reconnus. Abel Longi a rapporté que les assaillants parlaient acholi, étaient coiffés de dreadlocks et comptaient de nombreux jeunes garçons dans leurs rangs. La LRA est accusée de recruter de force des enfants soldats.

"Je me suis caché dans les buissons près de l'église et j'ai entendu les gens qui hurlaient pendant qu'ils étaient coupés en morceaux avec des machettes", a expliqué Abel Longi, qui tient une boutique à Doruma, le village où s'est produit le massacre.

"C'était horrible. Il y avait des cadavres au sol, principalement de femmes et d'enfants coupés en morceaux", a également affirmé le capitaine Chris Magezi, porte-parole de l'armée ougandaise. Des témoins ont rapporté que les rebelles avaient utilisé des machettes mais aussi des épées et des massues. AP

Gilbert Soffo : Il faut de l'eau potable à Bamendjou

Ajouté le 29/12/2008

Responsable des programmes à Zenü Network, il situe les priorités de cette communauté en matière de santé.
Propos recueillis par Michel Ferdinand

Vous êtes impliqué dans une plateforme visant à améliorer l'offre en santé dans la commune de Bamendjou, près de Baham. A mi-parcours, quelle évaluation peut-on faire de vos activités ?
La création de cette plateforme est déjà en elle-même une innovation. Avec la tutelle d'une commune qui a accepté de la porter et de la soutenir. Nous notons un engagement des populations dans des actions d'amélioration des services de santé. Il faut également signaler la participation des acteurs qui travaillent dans le secteur de la santé. Ils voient qu'à travers ladite plateforme, un certain nombre de problèmes peuvent être résolus. Notamment dans un contexte de décentralisation, qui voudrait que certaines décisions soient prises à la base. Afin d'interpeller les pouvoirs publics dans le sens d'améliorer les conditions de vie des populations. Toutefois, nous avons noté une participation mitigée au niveau du district de santé, où le médecin de district n'est pas toujours disponible pour pouvoir apporter toute sa contribution. Il nous a rassurés qu'il est informé de ce qui se passe. Et que les informations sont transmises à sa hiérarchie régionale sur le déroulement des activités autour de cette plateforme.

Qu'est-ce qui apparaît comme étant la priorité pour les populations ?
Dès le début du processus, les priorités se situent au niveau de l'amélioration de l'accès à l'eau potable dans la commune de Bamendjou. Lorsqu'on voit les cas de diarrhée qui persistent, le choléra qui menace, c'est parce qu'il n'y a pas d'eau potable. Les populations sont obligées d'aller s'approvisionner dans des sources non aménagées ou des puits non entretenus, soit pour la consommation, soit pour l'usage domestique. Les maladies les plus récurrentes, dont le taux de prévalence est généralement élevé sont d'origine hydrique. Dans la commune de Bamendjou, les populations ont besoin d'eau potable.

Y a-t-il des solutions à proposer pour pallier ce déficit ?
Les membres de la plateforme ont envisagé des solutions. Il faut d'abord sensibiliser les populations sur les causes des maladies liées à l'eau. Ensuite, il faut faire une formation sur le traitement de l'eau. Les aires de santé qui disposent de points d'eau potable doivent, enfin, savoir comment les gérer de manière efficace.

les brèves

Aller à la page 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | 32 | 33 | 34 | 35 | 36 | 37 | 38 | 39 | 40 | 41 | 42 | 43 | 44 | 45 | 46 | 47 | 48 | 49 | 50 | 51 | 52 | 53 | 54 | 55 | 56 | 57 | 58 | 59 | 60 | 61 | 62 | 63 | 64 | 65 | 66 | 67 | 68 | 69 | 70 | 71 | 72 | 73 | 74 | 75 | 76 | 77 | 78 | 79 | 80 | 81 | 82 | 83 | 84 | 85 | 86 | 87 | 88 | 89 | 90 | 91 | 92 | 93 | 94 | 95 | 96 | 97 | 98 | 99 | 100 | 101 | 102 | 103 | 104 | 105 | 106 | 107 | 108 | 109 | 110 | 111 | 112 | 113 | 114 | 115 | 116 | 117 | 118 | 119 | 120 | 121 | 122 | 123 | 124 | 125 | 126 | 127 | 128 | 129 | 130 | 131 | 132 | 133 | 134 | 135 | 136 | 137 | 138 | 139 | 140 | 141 | 142 | 143 | 144 | 145 | 146 | 147 | 148 | 149 | 150 | 151 | 152 | 153 | 154 | 155 | 156 | 157 | 158 | 159 | 160 | 161 | 162 | »