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Il y a 25 ans, des officiers camerounais tentaient de renverser le président Paul Biya

06/04/2009 - Lu 646 fois
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Il y a 25 ans, des officiers camerounais tentaient de renverser le président Paul Biya


6 avril 1984 : Bruits de bottes et de canons à Yaoundé

Retour sur la tentative de coup d’Etat. 


48 condamnés à mort et exécutés ; 64 détenus condamnés à plus de cinq ans ; 122 détenus condamnés à cinq ans 16 détenus condamnés à moins de cinq ans ; 38 détenus sans jugement. Tel est le bilan des événements du 6 avril 1984. Ce jour-là, a eu lieu une tentative de coup d’Etat au Cameroun. C’était il y a exactement 25 ans, jour pour jour. Dans la nuit du jeudi 5 au vendredi 6 avril 1984, un groupe d’officiers de la Garde républicaine, conduit par le colonel Ibrahim Saleh, tente de renverser le régime du président Paul Biya, au pouvoir depuis un peu plus d’un an.

Les putschistes, dont la base est le camp de la Garde républicaine au quartier Obili à Yaoundé, sont armés d’auto-mitrailleuses, de canons bitumes aériens et de véhicules blindés tentent de prendre le palais présidentiel, le siège de la radio nationale, l’aéroport de Yaoundé ainsi que le centre de télécommunication de Zamegoue.

Le palais présidentiel sera attaqué, ainsi que les domiciles de personnalités comme le général Pierre Semengue, chef d’Etat major de l’armée, Gilbert Andze Tsoungui, ministre d’Etat chargé des forces armées, ainsi que du colonel Asso Emane, commandant délégué de la place militaire de Yaoundé.

Les officiers qui ont organisé la mutinerie réussiront même à prendre le contrôle de certaines institutions, comme la radio nationale ou encore le centre de télécommunications de Zamengoue, avant que des forces restées loyales au pouvoir n’organisent la contre-offensive. Le coup d’Etat échouera. Une véritable chasse à ses initiateurs est organisée au cours des jours qui suivent. Le 10 avril, le président Paul Biya s’adresse à la nation. «La responsabilité du coup d’Etat manqué est celle d’une minorité d’ambitieux assoiffés de pouvoir et non celle de telle ou telle province ou de Camerounais de telle ou telle religion». Il se montrera également particulièrement dur vis-à-vis des meneurs du putsch, dot il dit notamment : «Ceux qui ont pris les armes au mépris de l’honneur et du droit, ont été réduits et arrêtés. Ils viennent d’être jugés par la justice de notre pays et condamnés sans faiblesse et sans haine. A tous, la loi et la seule loi a été appliquée. Pour les moins coupables d’entre eux, ceux qui se sont laissés entraîner sans comprendre le mal qu’ils faisaient, commence le temps du remord et demain, celui du rachat. Sans oublier ces heures sombres –toutes dispositions étant prises pour que le Cameroun ne les revive plus jamais- nous devons aujourd’hui nous tourner résolument vers l’avenir».

25 ans après les événements du 6 avril 1984 sont toujours cités comme l’une des heures les plus sombres de l’histoire du Cameroun. Pour certains observateurs de la scène politique, ils auront contribuer à installer le président Paul Biya dans une nouvelle attitude. Plus dure, à l’opposée de celle qui avait marqué ses premiers moments.


Jules Romuald Nkonlak 

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