Découverte dans le désert nigérien d’un site archéologique du Néolithique10/09/2008 - Lu 391 fois Des paléontologues américains de l’Université de Chicago et des archéologues de l’Institut de recherches en sciences humaines du Niger (IRSH) viennent de découvrir un nouveau site archéologique dénommé «Gobero» dans le Sahara nigérien et remontant au Néolithique, soit près de 10.000 ans avant l’époque actuelle, a appris mardi APA, auprès de l’IRSH à Niamey.
APA-Niamey (Niger) Quelque 200 sépultures ont été mises au jour au cours des deux saisons de fouilles financées en partie par la Fondation américaine, la National Geographic, a indiqué à la presse, l’archéologue Amadou Oumarou Idé, directeur de l’IRSH. Selon lui, les analyses effectuées sur des dents et ossements au radiocarbone par le bio archéologue Chris Stojanowski, de l’Université d’Arizona (USA) ont permis d’obtenir près de 80 datations, révélant que ces tombes contiennent des membres de deux populations biologiquement distinctes ayant vécu à plus d’un millénaire d’écart. Parmi ces populations, on note les Kiffiens, qui étaient des chasseurs qui ont colonisé cette région du Sahara durant sa période la plus humide entre 10.000 à 8.000 ans, a ajouté M.Idé. « Des indices de leur (les Kiffiens) activité comme de longues perches munies de harpon ont été retrouvés », a-t-il précisé, ajoutant que la seconde population, les Ténéréens, avait occupé le site entre 7.000 et 4.500 ans, ce qui correspond à la dernière phase humide au Sahara. « Il s’agit d’une grande découverte, très riche en enseignements pour la connaissance du passé, de notre passé, de notre identité », a indiqué à APA, l’archéologue nigérien Amadou Idé, directeur de l’IRSH, également membre de l’équipe de recherche. Selon M. Idé, qui rentre d’un voyage à l’Université de Chicago, l’analyse des caractéristiques physiques des squelettes et des positions d’inhumations a permis de distinguer de grands squelettes très robustes, avec des os crâniens très épais, comparables aux restes des populations mechtoïdes décrites au Maghreb et au Mali ». Ces squelettes, a-t-il expliqué, sont en «position hyperfléchie », dont la conservation laisse supposer l’utilisation de sacs contenant les corps, « mais aucun reste de cuir n’a été conservé ». S’y ajoute également une deuxième population constituée de squelettes de stature plus gracile, avec des positions d’inhumations fléchies seulement, les membres inférieurs ne dépassant pas, ou très légèrement, le niveau du bassin, ajoute l’archéologue. Par ailleurs, indique M. Idé, en plus des ossements humains et d’animaux, il a été découvert sur le site une densité assez considérable de hameçons, des pointes de harpon, de l’outillage lithique essentiellement taillé dans de la roche verte, ainsi que des fragments de poterie aux décors assez variés et des objets de parure. Les travaux de recherches sur le site de «Gobero» ont duré sept ans dans le désert nigérien, a rappelé le directeur de l’IRSH. « Les chercheurs étaient partis pour autre chose lorsqu’ils étaient tombés sur le site de Gobéro. C’est donc ainsi que les fouilles ont permis de mettre en lumière, une centaine de squelettes humains articulés en place sur les dunes, des artefacts et des restes de faune », a -t-il insisté. « Ceci prouve que le Sahara était naguère une zone humide avec sa végétation et ses Océans », soutient l’archéologue nigérien, affirmant que la partie septentrionale du Niger est très riche tant en vestiges paléontologiques qu’archéologiques. Selon lui, « c’est l’une des plus grandes provinces fossilifères d’Afrique. Les premiers fossiles ont été signalés dès 1907 par les militaires français du 3ème territoire militaire. Pas de commentaires, soyez le premier à commenter ce dossier !
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