Hôpital central de Yaoundé : L’archevêque de Yaoundé en soins intensifs

Il est 13h30. Environ deux heures après l’accident qui a failli coûter la vie hier à l’archevêque de Yaoundé, Mgr Simon Victor Tonye Bakot, la vie a repris son cours normal à une centaine de mètres en contrebas de la station Texaco d’Ahala, devant une fabrique de parpaings sans enseigne. L’épave de la Peugeot 406 bleue du prélat a été enlevée du site où reste stationné le camion semi-remorque sous lequel a fini la voiture de fonction de monseigneur. Quelques mètres plus haut, pratiquement en face de la station-service, l’autre gros porteur, une remorque portant un conteneur, partie à ce qui aurait pu se terminer de manière plus dramatique, est immobilisé.
L’accident, selon des témoignages concordants, est survenu autour de 11h30. Le véhicule de l’archevêque roulant dans le sens Douala – Yaoundé tentait de doubler la remorque sur un segment passablement étroit de la route, se retrouvant ainsi dans la trajectoire du camion semi-remorque qui roulait en sens inverse. "Le camion aurait pu éviter la voiture de l’Archevêque. Mais au même moment, il y avait trois fillettes qui rentraient des classes et qui traversaient la route. Le chauffeur a préféré les éviter et c’est ainsi que la Peugeot qui a été percutée par la remorque et s’est retrouvée sous l’autre camion", rapporte un témoin.
Les quelques témoins trouvés sur le site et qui devisent encore sur la violence du choc sont péremptoires : "il n’y a que le pneu arrière côté passager de la Peugeot qui est récupérable". Un constat qu’on peut difficilement remettre en cause à la vue des images d’une vidéo amateur, tournée à partir d’un téléphone portable après qu’on ait retiré sous le camion ce qui restait de la voiture de l’archevêque métropolitain de Yaoundé en provenance de Douala et qui regagnait sa cathèdre. Que des personnes soient sorties vivantes de ces décombres ne peut que relever du miracle divin, conclut-on au regard de l’état du véhicule.
Sous le camion immatriculé CE 7378 R dont le pneu avant a éclaté au moment de l’impact, parmi les débris recouvert des fluides divers qui concourent au bon fonctionnement d’une automobile, on reconnaît la batterie, l’hélice du ventilateur servant à refroidir le ventilateur et des morceaux de la calandre. L’un d’eux renseigne sur la marque du véhicule avec le lion argenté debout, symbole du constructeur automobile français Peugeot.
Sauvetage
Pour extraire le véhicule enfoui sous le camion, les multiples volontaires accourus s’étant résolus à avouer leur incapacité, il a fallu quérir les services d’un camion-benne qui a tracté la voiture afin que les trois personnes qui s’y trouvaient soient extirpées de l’amas de ferraille. Assis à l’arrière, Mgr Tonye Bakot était vêtu d’une soutane noire et ses reins étaient ceints d’une ceinture de la même couleur (bordeau) que la calotte qui recouvrait sa tête. Le prélat, dont les jambes sont restées coincées sous le siège avant était conscient malgré une blessure sur le visage. Tout en suggérant aux secouristes comment il fallait s’y prendre pour le transporter, il était préoccupé par l’état de son chauffeur, un certain Bonaveture, "légèrement touché", selon des informations obtenues auprès des milieux cléricaux. L’identité du 3e passager, un parent de l’archevêque en âge avancé, ne nous a pas été révélée.
Les trois blessés seront conduits aux urgences de l’hôpital central de Yaoundé plus d’une heure après l’accident les premiers secours ayant été bien lent à se manifester. Après une prise en charge, l’archevêque de Yaoundé sera orienté vers le Centre hospitalier universitaire (Chu) de Yaoundé pour y subir un scanner. Après cet examen il sera ramené à l’hôpital central où il est admis en réanimation aux soins intensifs. Hier, dans l’édition du journal parlé du poste national de la Crtv, il a été rapporté que son 1er bilan de santé était "satisfaisant". A 20h, sur la même antenne on apprenait que le prélat était victime de fractures au fémur droit, au bassin et aux côtes. Toutefois, de sources médicales, "l’état vital de l’archevêque" n’est pas menacé. La prise en charge effectuée au niveau de l’hôpital central de Yaoundé vise à préparer une évacuation sanitaire que le corps médical annonce imminente.
Mgr. Simon Victor Tonye Bakot revenait de Douala et devait assister hier après-midi à la levée de corps du père jésuite Meinrad Hebga et diriger la messe pontificale prévue à la basilique mineure Marie Reine des apôtres. Cet après-midi, il devait être le principal officiant d’un culte oecuménique prévu à l’esplanade de l’hôtel de ville de Yaoundé à la suite des émeutes de la fin du mois de février.
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