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Monsieur le Premier Ministre,
Mesdames et Messieurs les Ministres
(et Secrétaires d’Etat),
Je voudrais tout d’abord souhaiter la bienvenue à ceux qui ne faisaient pas partie de l’équipe gouvernementale précédente et qui vont avoir la possibilité, dans leurs nouvelles fonctions de mettre leur compétence au service du peuple camerounais.
Je souhaite également rendre hommage à ceux d’entre vous qui ont eu l’occasion de s’impliquer dans la campagne pour les élections législatives et municipales, lesquelles ont dégagé des majorités claires à l’Assemblée Nationale et dans les conseils municipaux.
Qu’il me soit permis à ce sujet de revenir quelques instants sur le déroulement du scrutin du 22 juillet que je considère comme un test démocratique réussi. Même si l’on a pu regretter quelques dysfonctionnements qui ont été rectifiés par la Cour Suprême faisant office de Conseil Constitutionnel, il est incontestable que les élections en question se sont déroulées dans le calme et la liberté. Je constate également que les Camerounais ont massivement rejeté les options démagogiques et irréalistes qui leur étaient par ailleurs proposées.
Au cours des prochaines années, nous nous appliquerons à perfectionner encore notre système électoral pour qu’il ne puisse donner lieu à contestation.
J’attends d’ailleurs qu’on me cite un pays, généralement considéré comme démocratique, où les élections n’ont jamais prêté le flanc à la critique.
Quoi qu’il en soit, l’essentiel est pour nous de disposer d’une majorité forte et représentative qui nous permette de mettre en œuvre la politique de progrès économique et social qui assurera l’avenir du peuple camerounais.
A cet égard, ce nouveau gouvernement devra faire siennes trois priorités :
La première sera de tout faire pour relancer la croissance qui est la clef de la plupart de nos problèmes et notamment celui de l’emploi. En s’appuyant sur les résultats déjà obtenus – rétablissement des finances publiques, réduction de la dette, lancement d’infrastructures diverses, etc – il lui faudra s’attacher à la réalisation des grands projets agricoles et industriels qui commandent le développement de notre pays. Il devra pour cela se montrer efficace, en luttant contre l’inertie administrative, l’intervention des intérêts particuliers et le laxisme qui conduit à la sous-consommation des crédits, maux que j’ai souvent dénoncés.
Bien que nous ayons fait le choix de la libéralisation, il me paraît que nous n’en avons pas tiré tous les avantages. Nos réflexes restent la plupart du temps ceux qui ont cours dans une économie administrée. Le gouvernement devra modifier son attitude à l’égard du secteur privé, notamment en matière de fiscalité, en rendant celle-ci plus incitative. De la même manière, notre politique de crédit devrait se montrer moins timide en particulier à l’égard des PME. Egalement, des dispositions seront nécessaires pour favoriser la production et la transformation locales afin de réduire les importations qui grèvent notre commerce extérieur.
Ces actions déterminées ne sont pas incompatibles avec la fixation d’objectifs précis, échelonnés dans le temps, et dont l’atteinte sera soumise à des contrôles périodiques. Le gouvernement doit s’attendre à être jugé sur ces critères de performance.
La seconde priorité, étroitement liée à la première, consistera à stimuler parallèlement le progrès social. Il s’agira là aussi de développer les avancées déjà réalisées dans nos systèmes éducatif et de santé et de reprendre progressivement le recrutement dans les services publics où les besoins sont évidents.
La tâche du gouvernement sera aussi de veiller à l’amélioration des conditions de vie de nos compatriotes par un meilleur accès à l’eau, à l’électricité et au logement, ainsi qu’à la protection de leur pouvoir d’achat, la consommation restant, comme chacun sait, un des moteurs de la croissance. Ainsi sera-t-il possible de répondre aux revendications légitimes d’une bonne partie de notre population.
La troisième priorité du gouvernement consistera à lutter contre la corruption avec encore plus de détermination que par le passé. C’est la corruption qui, pour une large part, compromet la réussite de nos efforts. C’est elle qui pervertit la morale publique. Chacun d’entre vous doit se sentir responsable de ce combat dans son domaine de compétence. Je vous invite donc à la plus grande vigilance. Le détournement de l’argent public, quelle qu’en soit la forme, est un crime contre le peuple qui se voit privé de ressources qui lui reviennent. Il doit donc être sanctionné avec la plus grande sévérité.
En m’adressant aux Camerounaises et aux Camerounais au lendemain des dernières élections, j’ai indiqué que les nouvelles données de l’économie mondiale me paraissaient offrir à un pays comme le nôtre une chance qu’il convenait de ne pas laisser passer. Au plan intérieur, nous bénéficions d’un contexte favorable puisque le Cameroun jouit d’une paix et d’une stabilité enviables et que sa population a maintes fois fait la démonstration de sa maturité et de son dynamisme. Je crois pouvoir également mentionner les intentions positives de la plupart de nos partenaires extérieurs quant à leur participation à notre développement.
C’est donc à vous, Mesdames et Messieurs les Ministres qu’il revient de mettre en pratique cette politique grâce à laquelle notre pays devrait pouvoir accéder à la modernité et le peuple camerounais obtenir enfin la contrepartie des sacrifices qu’il a consentis.
Je veux croire que vous mettrez au service de cette haute mission toute l’énergie et le dévouement dont vous êtes capables.
Je vous remercie de votre attention.
Décryptage
Devant le nouveau gouvernement, le président de la République confirme sa détermination à traquer les voleurs. Mais le compteur semble bloqué.
Biya lance la phase 2 de l’opération Epervier
“La troisième priorité du gouvernement consistera à lutter contre la corruption avec encore plus de détermination que par le passé. C’est la corruption qui, pour une large part, compromet la réussite de nos efforts. C’est elle qui pervertit la morale publique. Chacun d’entre vous doit se sentir responsable de ce combat dans son domaine de compétence. Je vous invite donc à la plus grande vigilance. Le détournement de l’argent public, quelle qu’en soit la forme, est un crime contre le peuple qui se voit privé de ressources qui lui reviennent. Il doit donc être sanctionné avec la plus grande sévérité. ” Cet extrait du discours du président de la République hier devant les ministres nous rappelle le congrès du Rdpc de juillet 2006. Au cours duquel Paul Biya avait promis aux délinquants à col blanc, aux prévaricateurs des biens publics, qu’ils allaient “ rendre gorge ”. Des mois après, le premier verdict est tombé sur la tête de Ondo Ndong Emmanuel Gérard, condamné finalement à cinquante (50) ans de prison, avec une confiscation des bien à la clé. Les procès continuent pour le reste des premières personnes attrapées par l’opération Epervier.
Redémarrage
Après s’être débarrassé de quelques ministres, le Prince redonne le ton. Il veut sanctionner avec la plus grande sévérité celui qui se rend coupable de détournement de l’argent public. Ce discours sonne désormais comme du déjà entendu. Depuis le congrès de juillet 2006 en effet, rien ne se passe. On attend en vain que les arrestations se poursuivent, que la lutte contre la corruption continue. Les populations sont presque fatiguées des procès en cours dans les juridictions de Douala et Yaoundé. Elles attendent de savoir quelles seront les prochaines victimes de l’opération. Depuis l’arrestation spectaculaire de Siyam Siewe, le peuple avait repris espoir, et s’est dit que c’était du sérieux cette fois. “ Le lion est fâché ”, disaient certains. Depuis, l’attente dure, et Paul Biya lui-même sait que le peuple est impatient.
L’annonce faite hier a dès lors au moins un double sens. Elle peut être une information que le Prince passe à ses ministres, et par ricochet à la nation. La lutte contre la corruption va effectivement reprendre. Dans ce cas, on peut comprendre que le réaménagement effectué le 7 septembre visait aussi à créer des conditions fiables pour une bonne poursuite de l’opération. Le souhait serait que tout se passe le plus tôt possible, et que toutes les juridictions du pays soient mises à contribution, afin que le peuple entier se sente concerné. On verra bien un procès qui se déroule à Bafoussam, à Bamenda, à Kumba, à Garoua ou à Maroua. Ce qui enlèvera à cette opération son caractère réduit. Il existe en ce moment dans l’arrière - pays le sentiment que cette opération ne concerne que Douala et Yaoundé.
Mise en garde
L’annonce peut aussi être une mise en garde aux ministres qui entrent en fonction, ou ceux qui y sont déjà. Biya veut leur faire savoir qu’il a l’œil sur eux. Un poste ministériel n’est pas un puit d’argent, veut-il leur faire entendre. Dans son discours, Paul Biya a aussi fait allusion à l’inertie administrative. Mais, l’observateur constate que la lutte même contre la corruption est peut-être victime de l’inertie. Et l’on s’interroge désormais sur ses capacités à mettre ses menaces en œuvre. Le rythme des arrestations assez lent, et même le traitement de faveur à l’endroit de ces corrupteurs révoltent à la limite, et, pire, fait croire à ceux qui continuent de piller que l’impunité serait toujours de mise. Impunément.
Conseil des ministres
Le président de la République soumet ses ministres à un contrat de performance verbal.
Biya veut juger les ministres
Sans préciser les critères d’évaluation des membres du gouvernement, Paul Biya, le chef de l’Etat, se propose de soumettre ceux-ci à un contrat de performance. “ Le président de la République a indiqué aux ministres qu’ils seront désormais jugés sur des critères de performance ”, affirme Laurent Esso, le secrétaire général de la présidence de la République dans le communiqué commis ce mercredi 12 septembre 2007 à Yaoundé au terme du conseil des ministres présidé par Paul Biya. Quels sont ces critères de performances ? Le communiqué n’apporte aucune réponse évidente. Il leur est juste prescrit “ la fixation d’objectifs précis échelonnés dans le temps ”, sans autres précisions.
Parlant des élections du 22 juillet dernier, Paul Biya, face au gouvernement, a préféré la posture de militant et de président de parti à celle de président de la République. “ Le président de la République a tenu à rendre un hommage mérité aux ministres qui se sont impliqués à la campagne des élections législatives et municipales, lesquelles ont dégagé des majorités pures à l’Assemblée nationale et dans les conseils municipaux ”, nous apprend Laurent Esso. Le président de la République n’a pas manqué de se prononcer sur la sortie des chancelleries occidentales qui ont estimé que le double scrutin du 22 juillet dernier, par son lot de dysfonctionnements, était une occasion manquée par notre pays en matière d’avancée démocratique.
Orgueil présidentiel
En guise de réplique aux ambassades des Etats-Unis, des Pays-Bas et au Haut Commissariat du Royaume uni, Paul Biya affirme : “ J’attends d’ailleurs qu’on cite un pays généralement considéré comme démocratique où les élections n’ont jamais prêté le flanc à la critique ”. Et “même si on a pu regretter quelques dysfonctionnements qui ont été rectifiés par la Cour suprême faisant office de Conseil constitutionnel, il est incontestable que les élections en question se sont déroulées dans le calme et en toute liberté. Je constate également que les Camerounais ont massivement rejeté les options démagogiques et irréalistes qui leur étaient par ailleurs proposées ”, a déclaré Paul Biya devant les ministres.
Le Rdpc, tant aux législatives qu’aux municipales, a eu une majorité écrasante. Paul Biya est en conscient. Il veut s’en servir pour conforter son règne à la tête de l’Etat. Car “ les majorités claires issues des urnes devraient permettre au gouvernement de mettre en œuvre la politique de progrès économique et social qui assurera l’avenir du peuple Camerounais ”, claironne Laurent Esso dans ce communiqué final. L’éternel combat contre l’inertie administrative est revenue sur les lèvres du président de la République.
Que dire de la fameuse lutte contre la corruption ? L’une des priorités du gouvernement “ consistera à mener une lutte acharnée contre la corruption qui pervertit la morale publique. En conséquent, il a appelé les ministres à la plus grande vigilance. Le détournement de l’argent public devra être sanctionné avec la plus grande sévérité ”.
Les entreprises camerounaises, pour être compétitives, ont besoin d’une mise à niveau.
Hier, jeudi 13 septembre 2007, lors de la réunion de concertation sur le redéploiement du tissu industriel camerounais, Christian Essawe Eyobo, en service à la Chambre de commerce a fait cette révélation : lors des travaux d’extension d’Alucam qui débutent dans les prochains mois, l’on aura besoin de 2.000 soudeurs en inox. Mais, actuellement, le Cameroun ne dispose que de deux techniciens qualifiés en la matière. Les autres sont allés vers d’horizons professionnels plus prometteurs. Pour ne pas se faire devancer par des entreprises étrangères, comme lors de l’exécution des travaux de construction du pipeline Tchad Cameroun, les sociétés locales devraient opérer une mise à niveau pour être compétitives. “ Les entreprises camerounaises doivent acquérir le savoir-faire nécessaire ”, rappelle-t-il. Et il faut développer la compétitivité de ces sociétés, développer les industries et augmenter la croissance.
L’industrie dans notre pays n’a pas encore connu un véritable envol ; elle a subi les contrecoups de la crise économique. Pour cela, “ notre jeune industrie a besoin d’être redynamisée pour retrouver ses marques de compétitivité et ainsi être en mesure d’affronter de façon efficace la concurrence rude à laquelle se livrent les entreprises et les Etats-nations dans l’arène de la globalisation ”, affirme Badel Ndanga Ndinga, le ministre de l’Industrie, des mines et du développement technologique lors de cette concertation sur le redéploiement du tissu industriel du Cameroun. C’est le levier du développement économique. “ C’est l’industrie qui crée la richesse des nations ; c’est également le principal pourvoyeur d’emplois ; elle alimente le trésor public ”, a poursuivi le ministre de l’Industrie. Le but de la concertation de ce 13 septembre 2007 est la redynamisation du tissu industriel camerounais par le redressement de la compétitivité des entreprises locales.
Des produits qui lui valent le statut de leader sur le marché de la cigarette au Cameroun, avec 60% des parts de marché. Et que les consommateurs camerounais vont continuer à trouver sur le marché camerounais, en provenance, cette fois-ci, d’Afrique du Sud. Ceci, eu égard à la fermeture, depuis le mois de juin dernier, de l’usine de fabrication de Yaoundé.
Il avait le visage radieux. Et les intonations de sa voix, parfois rauque au moment de prononcer son mot de circonstance, trahissaient une émotion bien compréhensible : Bernard Beyokol était installé jeudi dernier à l’hôtel Hilton de Yaoundé comme le nouveau directeur général de Cfao Technologies. Un couronnement d’un parcours remarquable que n’ont pas voulu manquer une bonne dizaine de ministres (anciens ou en fonction), quelques Dg de sociétés au rang desquels Yaou Aissatou, la patronne de la Sni et plusieurs hauts cadres de l’administration et des secteurs financiers.Ces salles de projections qui ont défrayé la chronique pendant quelques années, sont à l’agonie.
Quelques îlots subsistent encore. Mais, les salles de projection vidéo sont en passe de disparaître. De Youpwè au PK 10, en passant par les quartiers Billes, Ndogpassi et le carrefour " J’ai perdu ma vie ", le brouhaha caractéristique des films projetés dans des salles de fortune dépourvues de parois d’insonorisation s’est estompé. Ce n’est pas innocent.
A en croire les rescapés de cette hécatombe chez les propriétaires de vidéo-clubs, c’est l’avènement des VCD et DVD qui a sonné le glas de ces salles de projection de quartiers qui a fait tant de mal aux multiples familles qui n’arrivaient plus à contenir leur progéniture dans les ménages. Nana, propriétaire du Ciné Vision le Bao au carrefour des Billes sur l’axe lourd Douala- Yaoundé affirme que tous les jeunes peuvent désormais s’offrir des appareils de projection à domicile à vil prix : " figurez-vous qu’un DVD ou VCD ne coûtent que 15.000 ou 25.000 francs. Et les CD piratés sont vendus à 1000 francs seulement. Chaque jeune garçon s’en procure un et le tour est joué. Plus grave, ajoute-t-il, nombre de films que nous proposions à nos clients sont diffusés à travers la multitude des chaînes que proposent les distributeurs locaux par câbles. Avec toute cette panoplie, comment voulez-vous que nous puissions attirer les clients qui trouvent leur satisfaction dans les domiciles privés ? "
Dans le coin, deux vidéos clubs ont fermé boutique depuis plusieurs mois. A un jet de pierre de là, au marché de Ndogpassi, seul le vidéo-club Saint Djoss maintient encore ses portes ouvertes. " J’arrive encore à tenir sans comprendre ", nous avoue Takou Kamniga Nicanor, le gérant appelé encore Katika. En réalité, ce vidéo-club qui a survécu là où trois autres ont succombé semble devoir encore son sursis grâce à sa proximité avec le marché attenant qui regorge de pousseurs, de voleurs à la tire et de petits chargeurs qui se font facilement appâter par des affiches annonçant des films d’action aux titres renversants. Le Dragon, Temple de la culture, situé au carrefour " j’ai raté ma vie ", lui fait dans un marketing agressif doublé d’une publicité mensongère. Quelques morceaux choisis : " brutalité et frappe ", " massacre et tuerie " ou encore " avant première à Paris et New York " sont des messages qui annoncent des films d’action à " 300% ".
Avec des annonces de cette envergure, le Dragon que dirige un certain Moka arrive encore à faire le plein au prix de 100 francs la séance contre les 50 francs dont se contentent ses " confrères. " Dans cet univers, les propriétaires de cet îlot de vidéo-clubs que l’on retrouve sur l’axe lourd témoignent que plus de dix maisons ont déjà fermé les portes. Ce qui n’est pas exagéré. A travers les quartiers de la ville, ces disparitions se font ressentir.
Benjamin LISSOM LISSOM
Les opérateurs de vidéo-clubs livrent un ultime combat, dans l’indifférence de tous.
Chronique d’une mort inéluctable. C’est le titre que l’on serait tenté de donner à la dernière représentation qu’offrent ces salles de projection des films dans les quartiers. Ceci, à la grande satisfaction des parents d’élèves. Ce fléau a causé tant de maux dans les ménages et les établissements scolaires. Momo Eitel, agent immobilier à Bonatene Deido ne cache pas son soulagement face à la fermeture de ces " machins " du coté du château d’eau de Deido. " Mes deux garçons ont failli hypothéquer leur scolarité en 2002. Ils passaient tout leur temps dans les vidéo-clubs disséminés dans tout Deido, alors que je les croyais en classe au collège IESB ", Institut d’enseignement secondaire de Bonanjinjè (Ndlr). Ce témoignage n’est pas isolé. Au PK 10 ou à Bonadibong, une petite enquête nous a permis d’asseoir l’unanimité des parents sur la question.
Et c’est au détour de ces escapades que les élèves réguliers nouaient des contacts infructueux et néfastes avec des délinquants de tous bords. " J’ai même interpellé les agents de la délégation provinciale de la Culture qui m’ont avoué leur impuissance face à cette situation aux allures de drame ", nous déclare aujourd’hui, Ngo Balogog Clarisse, vendeuse de poissons frais au marché de PK 10. Pour sauver son fils de cette délinquance embryonnaire, elle a dû l’exiler à Edéa, d’où il est revenu avec un Bac C alors qu’il avait séché la classe de Seconde au lendemain de l’obtention du BEPC.
Les parents ont donc assisté heureux à des descentes de la délégation provinciale de la Culture pour le Littoral. Ces descentes porteuses pourtant d’espoir, se sont toujours soldées par la restitution des appareils saisis. A en croire un agent ayant pris part à ces descentes, elles avaient pour but de fermer ces salles " pour défaut d’autorisation de fonctionnement ", les amendes y afférentes allant de 40.000 à 10 millions de francs. Au motif que les uns et les autres se débrouillent, cette administration a toléré cette activité, tandis que les communes d’arrondissement y prélevaient les différentes taxes communales valant quitus de fonctionnement. " Malgré le paiement des taxes, soutient Nana, installé ainsi dans la légitimité et la légalité, les forces de l’ordre nous embêtaient tout le temps. " Mais à présent, aucun contrôle ni descente ne viennent plus " perturber " ce secteur d’activités dépouillé de tout lucre. Il est en train de mourir de façon inéluctable, en raison de l’arrivée sur le marché, d’un autre fléau, les CD piratés, et des appareils de la nouvelle génération bon marché, permettant ainsi à nombre de Camerounais de s’offrir des films sur canapé.
B.L.L
Les petits pas de l’intégration monétaire en Afrique
La mise en œuvre du projet de création de la Banque centrale africaine, du Fonds monétaire africain et de la Banque africaine d’investissement était récemment au centre d’une réunion à Tripoli.
Du 14 au 15 août dernier, s’est tenue à Tripoli, la capitale libyenne, l’assemblée des gouverneurs des Banques centrales africaines. Les argentiers du continent ont débattu du rôle de la microfinance dans la réduction de la pauvreté, son impact sur le développement socio-économique et son avenir en Afrique. Etait également au menu, l’intégration monétaire en Afrique. Le débat sur cette question achoppe, depuis l’annonce du projet de création de trois nouvelles institutions financières sur le continent. Un projet confirmé à Yaoundé lors de la rencontre des ministres africains en charge des Finances où a été rendue publique, la désignation du Nigeria pour abriter le siège de la Banque centrale africaine (BCA), de la Libye pour abriter la Banque africaine d’investissement (BAI) et du Cameroun où sera installé le Fonds monétaire africain (FMA). La signature de l’accord de siège de la BAI entre l’Union africaine et la Libye aura lieu dans les prochaines semaines. C’est la principale décision de la rencontre de Tripoli. Ce sera bientôt aussi le cas avec le Cameroun et le Nigeria pour le FMA et BCA, respectivement.
L’enjeu, c’est le développement économique et social de l’Afrique qui passe nécessairement par une union monétaire, elle-même tremplin vers l’intégration politique des pays du continent noir. Semble-t-il, le projet tient à cœur l’exécutif de la Commission de l’Union africaine. Mais, on note que depuis 1963, lors de la création de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) à Addis Abeba (Ethiopie), l’intégration politique et monétaire de l’Afrique fait l’objet de discussions. Il avait alors été suggéré la création d’une Banque centrale africaine. Certains chefs d’Etat avaient plutôt trouvé judicieux la création de l’Association des banques centrales africaines (ABCA) dont des critiques trouvent qu’elle manque de cadre de coopération bien défini et bien structuré.
En septembre 1999 à Syrtes en Libye, au moment du lancement de l’actuelle Union africaine (UA) , il avait été proposé qu’on travaille sur l’acte constitutif de l’Union africaine adopté en juillet 2000 à Lomé au Togo. L’article 19 de cet acte recommande la création de trois institutions financières panafricaines pour accélérer l’intégration économique et monétaire du continent : la Banque centrale pour la rubrique intégration monétaire, la Banque africaine d’investissement et le Fonds monétaire africain pour la création d’un marché commun africain.
Lorsqu’en 2003, Alpha Oumar Konaré devient président de l’ UA, il convoque à Addis Abeba tous les gouverneurs des Banques centrales africaines et les personnalités ressources du monde de la finance pour ficeler le projet : soutenir sa raison d’être, concevoir le mode de fonctionnement et le processus de mise en place de ces institutions financières.
Malheureusement, la rencontre d’Addis Abeba n’avait pas pu aboutir à un consensus sur ces questions. Le président Konaré avait demandé que les réflexions se poursuivent, notamment à l’intérieur de l’UA. C’est en 2006 qu’il a approuvé une stratégie de l’UA qui est à la base des discussions actuelles pour la mise en place de ces institutions avec la signature des accords de siège avec la Libye et bientôt, avec les autres pays hôtes.
Jeanine FANKAM
La récente saisie, au niveau de la barrière de contrôle du carrefour Essakoe, sur l’axe routier Ebolowa-Ambam, et dans l’arrondissement de Mvangane, province du Sud, de 85 mètres cubes de bois issus de l’exploitation frauduleuse, relance le débat sur ce que l’économie camerounaise gagne ou perd à la faveur de l’exploitation de cette ressource. S’il est vrai que les services territorialement compétents du ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF) ont saisi ce bois provenant de la fraude, comme c’est souvent d’ailleurs le cas, il reste que certains hors-la-loi réussissent tout de même à tromper parfois la vigilance de l’administration. A ce propos justement, que perd l’économie nationale du fait de l’exploitation illégale des ressources forestières ?
A cette question, les réponses varient selon le camp auquel on appartient. Certaines organisations non gouvernementales avancent des chiffres de l’ordre de plusieurs milliards de F CFA. De son côté, le MINFOF, sans " occulter les problèmes de gouvernance que connaît encore le secteur forestier de notre pays ", affirme qu’ " au stade actuel, nous ne disposons pas d’éléments fiables pour quantifier les pertes liées aux activités qui se déroulent en marge de la légalité à notre insu. Nous pouvons cependant dire que la perte en question est bien en deçà de celle annoncée par certaines ONG internationales ". Ce qui apparaît comme une guerre des chiffres semble s’intensifier. En effet, on a appris mercredi dernier à Yaoundé, de la bouche d’un diplomate, citant un rapport, lors de la concertation entre les ambassadeurs de l’Union européenne et le ministre des Forêts et de la Faune, au sujet de la gestion des ressources forestières et fauniques au Cameroun, qu’une cinquantaine de milliards échappe aux caisses de l’Etat, du fait de l’exploitation illégale de la forêt. Les deux parties ont convenu de mettre sur pied une Commission indépendante pour conduire une enquête sur la gouvernance forestière au Cameroun.
En attendant, s’il est difficile de savoir qui a raison dans cette affaire, il reste vrai que les deux parties s’accordent sur le fait qu’il y a des pratiques à condamner. Le MINFOF montre régulièrement sa détermination à traquer et à sanctionner les fraudeurs. Il a pris pour ce faire une série de mesures, parmi lesquelles le renforcement des missions de contrôle, le renforcement des capacités des instances de contrôle avec la logistique nécessaire, le renforcement du rôle de l’observateur indépendant dans le contrôle et les transactions ainsi que la publication périodique du sommier des sanctions, le renforcement des sanctions financières à infliger aux opérateurs économiques à titre de dommage-intérêt dans le cadre des transactions, etc. L’administration qui assure la surveillance de la forêt reconnaît, en dépit de ces efforts, que " notre pays peut mieux faire si nous arrivons à contrecarrer tous les actes d’indélicatesses susceptibles d’entraîner des déperditions de recettes ". L’évolution des taxes forestières collectées au fil des ans montre bien que si la vigilance est davantage accrue, des résultats encore plus importants seront enregistrés. Car en effet, en 1991/1992, les taxes ont rapporté à l’Etat un milliard 851 millions de F CFA. Au cours de l’exercice 2004, ces mêmes taxes sont passées à 41 milliards 859 millions de FCFA. La marge de progression se passe de tout commentaire.
Le dossier que nous vous proposons vise essentiellement à montrer les dysfonctionnements observés dans le secteur forestier au Cameroun et les efforts faits par le gouvernement pour améliorer la contribution du secteur à la lutte contre la pauvreté. Bien sûr, en insistant sur le fait que le chemin à parcourir est encore long et parsemé d’embûches, pour instaurer de manière durable la bonne gouvernance dans ce secteur.
Rousseau-Joël FOUTE
La filiale camerounaise du groupe Castel se porte plutôt mieux.
Dans un environnement marqué par la décote manageriale et les difficultés financières de ses concurrents du secteur brassicole, la Société anonyme des Brasseries du Cameroun (Sabc), filiale du groupe Castel, affiche ostentatoirement sa bonne santé. Depuis sa création en 1948, la Sabc s’est propulsée au fil des ans au premier plan des entreprises industrielles du Cameroun grâce, notamment, à un personnel qualifié, des installations qui se modernisent ainsi que des procédures de fabrication rigoureuses permettant d’obtenir des produits répondant aux normes internationales de qualité. Sa production annuelle est de 3 300 000 hectolitres de bière, soit 510 millions de bouteilles, et de 1 350 000 hectolitres de boissons gazeuses, soit 240 millions de bouteilles. L’effectif des employés est évalué à près de 2000 salariés. Son activité génère actuellement plus de 50 000 emplois indirects.
La gouvernance d’entreprise est appliquée à tous les niveaux de direction de l’entreprise. En dehors du secteur pétrolier, la Sabc est le premier contribuable de l’administration fiscale camerounaise. “ Pour le moment, il n’y a pas de plans sociaux aux Brasseries du Cameroun. Nous n’envisageons pas de faire partir des gens. Car, une fois de plus, la première et principale ressource d’une entreprise, c’est la qualité de ses hommes. Les Brasseries du Cameroun évoluent dans une mouvance économique globalement morose. Pour autant, l’entreprise va assez bien. Nous sommes toujours leader au niveau du marché et dans le secteur ”, se vante le directeur général des brasseries du Cameroun.
Politique commerciale
Selon les observateurs, l’entreprise doit cette performance à l’équipe conduite par André Siaka, diplômé de l’Ecole polytechnique de Paris, à la tête de la direction générale depuis 1990. Au moment où les multinationales rechignent à valoriser les compétences, locales, le groupe Castel – dont les brasseries du Cameroun sont une filiale – a fait confiance à ce compatriote et les résultats sont là pour témoigner la compétence. Ingéniosité et créativité semblent être ses marques. “ Dans le secteur des boissons hygiéniques, la concurrence amène à une bonne tenue des produits. Une meilleure politique commerciale, un recadrage du marché, bref, un meilleur déploiement des ressources. Chaque fois qu’on a un nouveau concurrent, c’est un aiguillon pour être plus proche des clients, des acteurs de la chaîne, une occasion supplémentaire de montrer notre savoir-faire pour demeurer le leader ”, confie André Siaka. Résultat : la Sabc est le numéro 1 dans l’industrie brassicole au Cameroun. Elle contrôle environ 70 % du marché des bières, 85 % de celui des boissons gazeuses et 75 % du marché de l’eau minérale naturelle.
Ce succès commercial des Brasseries du Cameroun devrait peut-être s’accompagner d’une baisse des prix de vente publique de bières et de boissons gazeuses. C’est, en tout cas, ce que pensent les consommateurs qui assistent, impuissants, à l’augmentation continue des prix. De plus, le souhait de certains citoyens est que l’entreprise renforce ses programmes sociaux afin que la répartition des bénéfices soit mieux sentie. Les jeunes scolarisés ont par exemple besoin de sponsors pour financer les travaux pratiques et avoir accès à l’expérimentation. Pourquoi ne serait-il pas possible pour les Brasseries du Cameroun de donner un coup de pouce à l’Education nationale dans la formation des enseignants de chimie, l’équipement des laboratoires de chimie dans les lycées et collèges, la création d’un prix de chimie pour les lycéens, et la facilitation des programmes de recherche dans l’enseignement secondaire. L’exemple de Mtn avec son “ School Connectivity Programm ” qui a connecté de nombreux établissements à la toile a fait tache d’huile.
Les Brasseries du Cameroun sont par ailleurs attendues sur le terrain de la protection de l’environnement. On accuse en effet cette entreprise d’être un grand pollueur. Elle devrait s’investir davantage, afin que les habitants la reconnaissent comme véritablement citoyenne. C’est aussi cela, être leader.
Les habitants de Douala n’ont pas pu écouter le journal de 17h mardi dernier. Un expert explique.
Les habitués des éditions de journaux parlés de la Crtv sont restés sur leur faim mardi dernier. A 17h, pas de générique du journal sur la station régionale desservant la capitale économique. A la place, un grésillement qui traduit l’absence de signal. Une rapide migration vers le Poste national de la Crtv n’offre pas aux auditeurs d’écouter les informations de l’après-midi. Ici, des sonorités musicales sont diffusées. Faisant craindre à d’aucuns une situation de crise. Malgré la concurrence, les éditions de journaux parlés de la chaîne de radiodiffusion à capitaux publics restent le thermomètre à l’aune duquel se juge la température du pays. Pourtant, à Yaoundé comme dans d’autres stations provinciales, le journal de 17h est diffusé normalement.
“ Cette interruption de programmes est due aux relais par satellite. C’est un problème courant contre lequel il est difficile de réagir ”, explique Thomas Foussa, chef de service des équipements audio à la station régionale de la Crtv pour le Littoral. “ Nous récupérons le journal par relais satellite du Poste national. Parfois le satellite peut avoir des problèmes et cela se traduit par un brouillage des ondes. Sans signal il est alors impossible d’émettre quoi que ce soit, à la radio comme en télévision ”, poursuit le technicien. Pour lui, il s’agit là d’un des impondérables de la diffusion par satellite. Et ce n’est pas l’apanage de la seule Crtv. “ Cela arrive régulièrement aux autres chaînes de télévision qui arrosent le Cameroun via le satellite. Lorsque cela arrive, on ne peut rien faire à moins d’avoir un deuxième satellite chose complètement irréaliste vu le coût exorbitant de la location des satellites ”, précise le technicien.
“ Un satellite de télécommunications utilise les propriétés de propagation des ondes électromagnétiques pour acheminer l’information. Celle-ci est véhiculée par des ondes porteuses dans des bandes de fréquence bien définies ” souligne Thomas Foussa. Dans la transmission d'information, le satellite peut jouer un rôle passif. Il se comporte alors en simple relais qui amplifie les signaux et transpose les fréquences. C’est le cas avec les émetteurs de la Crtv Littoral, situés à Logbessou qui redirigent les sons et images venant de Yaoundé pour arroser la province. Une solution de contournement grâce aux faisceaux de télécommunication hertziens de la Camtel existe. Mais les lourdeurs administratives liées à l’obtention des autorisations nécessaires auprès de la Camtel rendent cette piste inexploitable. En attendant l’effectivité de la fibre optique.
La période d’hibernation semble avoir pris fin au ministère du Tourisme, avec la tenue jeudi dernier, 23 août, d’une session de la Commission de classement des hôtels du Cameroun. Une opération qui s’effectue, en principe, tous les cinq ans, mais dont la dernière remonte à plus de quinze ans. Au terme donc de cette session qui a étudié les dossiers d’une dizaine d’hôtels des villes de Yaoundé et Douala, deux ont gagné en prestige, ce qui se traduit par l’augmentation du nombre d’étoiles. Ainsi, l’hôtel Hilton de Yaoundé arrive en tête de ce top sept des hôtels de Yaoundé et Douala. L’établissement se situe à cinq étoiles. Avec ses quatre étoiles, Le Méridien est le deuxième sur cette liste. Pour ce premier classement de l’année 2007, cinq hôtels ont été déclassés et perdent chacun une étoile. Il s’agit, à Yaoundé, du Mont Febe, Djeuga Palace et Mérina. A Douala, le Sawa, victime en décembre 2005 d’une explosion qui a soufflé sa cuisine, et La Falaise ont aussi perdu une étoile.
Selon des informations fournies au ministère du Tourisme, la Commission de classement s’est appuyée sur les normes internationales en la matière. Le décret N°99.443/Pm du 25 mars 1999 fixe à cet effet les modalités d'application de la loi n°98/006 du 14 avril 1998 relative à l'activité touristique. Quatre critères servent à cette classification. Il y a le niveau des locaux, les chambres, les services à la clientèle et l'environnement de l'hôtel. La loi du 14 avril 1998 définit l'hôtel une étoile comme un hôtel dont l'immeuble ou les immeubles, le mobilier, l'agencement, les installations et la décoration sont de qualité courante et en bon état d'entretien. Dans un hôtel deux étoiles, tous ces équipements doivent être de bonne qualité et en bon état d'entretien. |
Message du Chef de l'Etat à la Nation à l'issue des élections législatives et municipales du 22 juillet 2007. |
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Mes chers compatriotes, |
Depuis quelques mois, sur un immeuble en construction au quartier Elig-Essono, au lieu dit "Carrefour Ceper", une antenne parabolique différente de celle qu’installent les opérateurs de téléphonie mobile attire la curiosité. "Cet immeuble abritera le siège d’une nouvelle télévision", confie Francklin Sone Bayern, le rédacteur en chef de cette chaîne de télévision, qui a lancé sa grille des programmes "provisoire" le 4 août dernier. Musiques, films et dessins animés agrémentent en effet la chaîne entre 12h et minuit, "pour roder le matériel", indique-t-on à Elig-Essono. Entre temps, la mire de la chaîne défile sur le petit écran.Le Centre international de l’artisanat dont la première pierre a été posée hier à Yaoundé est le pionnier d’un programme qui doit couvrir toutes les dix provinces.
100 ha de superficie. Ce chiffre seul suffit pour démontrer l’envergure du futur centre international de l’artisanat de Yaoundé, dont la première pierre a été posée hier par le secrétaire général des services du Premier ministre chef du gouvernement, Jules Doret Ndongo. A cela, il faudrait ajouter quelques autres atouts, parmi lesquels sa situation géographique. La vallée de Djoungolo d’où va émerger cet espace est très bien connue depuis les années de la colonisation, pour son parc d’attractions (Kyriakides). Des avantages qui s’accommodent bien de la vision du ministère des Petites et moyennes entreprises, de L’Economie sociale et de l’Artisanat (Minpmeesa), des autres départements ministériels et de la Communauté urbaine de Yaoundé, tous impliqués dans le projet : sortir l’artisanat de sa léthargie actuelle et, en même temps, contribuer à l’embellissement de la capitale.
Selon le ministre en charge du secteur, Laurent Serge Etoundi Ngoa, les premières ressources issues des budgets du Minpmeesa — c’est le maître d’ouvrage du projet —, de ses partenaires gouvernementaux et de la CUY, permettent de lancer les travaux. En attendant d’éventuelles interventions des partenaires étrangers. Dans tous les cas, il en faudra certainement, des ressources. Le projet, à son aboutissement, intègre la construction de douze villages artisanaux ; un dans chacun des dix chefs-lieux de provinces, et deux villages spéciaux à Foumban et Mbalmayo, des villes à la coloration artisanale internationalement reconnue. Selon Denis Djoumbissi, président du groupement inter-patronal des artisans du Cameroun, ce programme est la réponse salutaire à une longue attente ; celle d’une vitrine moderne et professionnelle pour l’artisanat camerounais, dont la richesse reste à être exploitée. Le Centre international de l’artisanat de Yaoundé et tous les autres villages à travers le pays, selon Laurent Serge Etoundi Ngoa, entre dans la logique qui a présidé à la création du Minpmeesa, en 2004 : de manière globale, il est question de promouvoir les PME et l’artisanat.
Serges Olivier OKOLE
Le vendredi 31 août prochain à 15h30, les consultants intéressés par l’appel à manifestation d’intérêt pour le recrutement d’un consultant devant réaliser pour le compte du gouvernement l’étude relative à la mise en place d’une centrale d’achat au Cameroun, devraient avoir déposé leurs offres. Si de cette première étape, à l’ouverture effective de cette unité est louable, le chemin qu’y conduit, s’annonce très long. D’où l’attention actuellement portée sur les objectifs, avantages et écueils éventuels de l’opération. Le groupe South media corporation, éditeur de Mutations, Situations et Les Cahiers de Mutations, est en crise. Haman Mana, le directeur de publication vient de claquer la porte du groupe. Mais il ne part pas les mains vides. Haman Mana emporte dans son escarcelle deux titres (Mutations et Situations) dont il assure être le propriétaire. Et se réserve le droit de contester l’autonomie des Cahiers de Mutations, “ simple supplément ” selon l’argument de son avocat, Maître Michel Janvier Voukeng. Surpris mais pas désarçonné, Protais Ayangma Amang, le président du conseil d’administration de South media corporation, n’entend pas se laisser compter. Pour lui, si la démission de son Dp est somme toute “ banale ”, il n’est cependant pas question de laisser filer les deux titres. “ La justice, le cas échéant, tranchera ” souligne-t-il. Non sans rappeler les “ règles minimales ” de séparation dans une entreprise. Dans la rédaction, les journalistes ont dû effectuer un choix cornélien entre le journaliste et l’homme d’affaires, entre “ l’aventure professionnelle ” et “ l’assurance financière ”.
La restructuration longtemps annoncée au sein de South media corporation s’achève donc en un fiasco. Avec en perspective, la scission de Mutations, le titre phare du groupe. A Yaoundé, deux rédactions fonctionnent depuis hier : l’une à la Place Repiquet, l’autre au Kaba Ngondo. Dans les provinces, les correspondants reçoivent tour à tour les coups de fil du directeur de publication et du directeur de la rédaction, jadis amis, mais aujourd’hui opposés. Des sommations d’huissiers pleuvent. Des argumentaires invoquant le droit fusent de part et d’autres. Manifestement, seule la justice pourra désormais séparer les anciens partenaires. Il n’est jamais aisé pour un journaliste de parler de ses confrères. Surtout lorsqu’ils sont en conflit. Le présent zoom rend compte de la situation qui prévaut dans le quotidien Mutations. Il donne la parole aux uns et aux autres. Afin d’essayer de voir plus clair dans ce qui a visiblement l’air d’une rupture entre deux personnes unies pourtant depuis onze ans.
Au cours d’un point de presse hier, 16 juillet 2007, le ministre de la Communication a appelé les acteurs médiatiques au respect des règles de la communication en période électorale.
Le ministre de la Communication a commencé par un aveu. “C’est à cause des nombreuses critiques qui me sont parvenues, et des observations diverses que j’ai effectuées que j’ai été amené à tenir ce point de presse. Il fallait rappeler aux différents acteurs les principes légaux qui guident la communication en période électorale ”. Pour Ebénézer Njoh Mouelle qui a tenu ces propos, il est question d’appliquer la volonté du chef de l’Etat. A la veille de l’ouverture de la campagne électorale, le chef de l’Etat a exigé que la sincérité et la transparence du scrutin soient garanties. Aussi, a-t-il rappelé les dispositions légales en matière de communication en période électorale. Et surtout, les deux textes qu’il a récemment signés. Ceux-ci fixent les conditions de production et de diffusion des émissions de propagande électorale dans les médias de service public.
“La répartition du temps d’antenne est [d’abord] calculée sur la base (…) du volume horaire global consacré à la diffusion de ces émissions sur l’ensemble de la période couvrant la campagne électorale. Ce volume est d’une heure par jour à la télévision et deux heures par jour à la radio. La seconde variable concerne la présence électorale des partis politiques sur l’ensemble du territoire national, c’est-à-dire, le nombre de circonscriptions où chaque parti politique a décidé de se présenter, pour l’élection des députés à l’Assemblée nationale et celle des conseillers municipaux. Ce nombre pris par chaque parti politique, est rapporté à la somme arithmétique de l’ensemble des circonscriptions dans lesquelles se présentent les cinquante et un (51) partis politiques en compétition. On obtient par là une troisième variable qui est le taux de représentativité électorale de chaque parti politique ”, a-t-il expliqué.
Prudence
Le ministre de la Communication a continué son propos en indiquant que l’équilibre qui est le principe, est fonction de l’activité que les partis politiques mènent sur le terrain. “ Autrement dit, un parti politique tenant par exemple un nombre de meetings plus élevé qu’un autre au cours d’une journée, pourrait être plus présent sur les antennes des différents médias que d’autres s’étant montrés peu actifs de ce point de vue”, a précisé Ebénézer Njoh Mouelle.
Le Mincom rappelle aussi que les sondages d’opinion sont interdits pendant la période couvrant la campagne électorale. Pour la diffusion des résultats, Ebénézer Njoh Mouelle recommande la plus grande prudence aux journalistes. “Il est vrai, des résultats sont acquis à la clôture du scrutin dans les bureaux de vote. Mais il faut faire preuve de beaucoup de professionnalisme en les annonçant. Ce qui serait mieux, c’est d’attendre que la commission de vérification des résultats finisse de faire son travail et qu’elle donne les vrais résultats”, a recommandé le Mincom.
A la question de savoir si, à l’occasion de ces élections, les journalistes de la radio télévision à capitaux publics pouvaient avoir plus de liberté dans le ton, notamment en organisant par exemple des débats comme le font certaines télévisions à capitaux privés, M. Njoh Mouelle a encore recommandé la prudence, en affirmant que la compétence de la loi actuelle devrait s’étendre sur l’ensemble des médias. Le ministre de la Communication a indiqué que des badges d’identification des journalistes seront distribués aux hommes et femmes des médias accrédités. De même que des laissez-passer à apposer sur les véhicules.
Au final, Ebénézer Njoh Mouelle a évité de parler du litige qui oppose des partis politiques à Douala sur l’affichage public en cette période de campagne électorale. De même qu’il a évité de répondre aux attaques à lui adressées par des directeurs de publications qui critiquent, à tort ou à raison, le système d’aide financière à la presse mis en place au Mincom en période électorale.
Ouverture des marchés : le choc des intérêts
Depuis hier à Yaoundé, les experts de l’Afrique centrale et ceux de l’Union européenne discutent en prélude à la réunion ministérielle qui s’ouvre lundi dans la capitale camerounaise.
On a noté l’anxiété sur le visage des experts hier, au cours de la rencontre qui réunit à Yaoundé l’Union européenne et l’Afrique centrale dans le cadre des négociations de l’Accord de partenariat économique (APE). Certains confient qu’à Yaoundé, la question du renforcement des capacités des industries régionales et leur mise à niveau reviendra sur la table. Car à Sao Tomé et Principe, les parties n’ont pas harmonisé leurs positions. Cette question est le point névralgique des négociations.
L’enjeu se pose en termes d’interrogations pour la partie africaine. Le Cameroun et l’Afrique centrale vont-ils signer un accord qui ne tienne pas compte de la compétitivité de leur économie pour l’avenir ? Martin Abega, secrétaire exécutif du GICAM qui participe à la négociation, fait remarquer que la balance commerciale indique aujourd’hui que l’Union européenne exporte vers l’Afrique centrale à hauteur de 60% contre 2% d’exportation de l’Afrique centrale vers l’UE. Alors, il s’interroge : qu’en sera-t-il demain quand les frontières s’ouvriront ? Ce qui est grave, c’est que les règles concurrentielles sont élevées pour les produits locaux, qui pour bien des cas, ne respectent même pas les normes. Il faut donc que le facteur développement soit pris en compte, que les entreprises soient consolidées pour mieux créer les richesses, offrir des emplois et générer les ressources.
Le rapport de force entre l’UE et l’Afrique centrale est comparable à celui qui existe entre un éléphant et un cabri par exemple. Claude Maerten du groupe de l’UE reconnaît cette inégalité de forces. Il reconnaît aussi que l’enjeu est le développement de l’Afrique centrale. Mais, le débat achoppe sur la manière d’y parvenir et surtout comment rendre les services et produits africains compétitifs sur le marché européen. C’est à l’Afrique centrale de définir ses priorités, lance Claude Maerten. Ces priorités ne sont pas prises en compte, soutiennent quelques membres de la partie Afrique centrale. D’ailleurs, ils soupçonnent la partie d’en face de vouloir faire du chantage sur l’accès au marché européen de certains produits spécifiques comme la banane au cas où l’accord n’était pas signé. " Il n’y a pas de chantage ", réplique le directeur général pour le commerce de la Commission européenne. " L’Union européenne pense que les préférences qui existent depuis 1975 avec les conventions de Lomé et l’Accord de Cotonou doivent être maintenues et épongées. Pour y arriver, il faut conclure un APE qui nous permette de rendre compatible le régime commercial sur les marchandises avec les règles de l’Organisation mondiale du commerce, argumente —t-il.
Martin Abega saisit l’argument au rebond : " cet Accord de Cotonou doit être respecté, surtout les articles 37.3 et 37.4. C’est-à-dire que les deux parties doivent parvenir à une entente sur la manière par laquelle la sous région d’Afrique centrale ne doit pas devenir un comptoir commercial pour l’Europe. Claude Maerten envisage la possibilité pour l’UE de protéger certains secteurs commerciaux. Mais, Martin Abega et ses collègues pensent qu’il faut fortifier l’économie dans son ensemble et ne pas utiliser seulement le commerce comme outils de développement.
Le débat est houleux. On est bien dans une négociation où chaque partie doit se battre pour faire triompher ses arguments. Et la partie africaine, est consciente que c’est l’avenir de tout un continent qui se joue.
Système fiscal et douanier : la commission de réforme consulte
Elle rencontre ce jour les experts de la Représentation Nationale du FMI et de la Banque mondiale
Elargir le spectre des contributions à la refonte du système fiscal et douanier camerounais. C’est l’exercice qu’entament les membres de la Commission de réforme fiscale et douanière du Cameroun.
M. Paul Ngamo Hamani, le président de cette commission, et son équipe rencontrent ce mercredi 11 juillet 2007 à 11h, les experts de la représentation nationale du FMI et de la Banque mondiale au Cameroun, à l’effet de s’enquérir de leur expertise dans les questions de fiscalité de développement.
Cette rencontre qui aura lieu au siège de la représentation de la Banque mondiale à Yaoundé, sera le coup d’envoi d’une série de concertations programmées entre la commission de réforme fiscale et les représentants des groupements socio-professionnels ainsi que les partenaires au développement de notre pays.
Après le FMI et la Banque mondiale, ces concertations qui vont s’étaler sur un mois, se poursuivront tour à tour avec entre autres, le cercle d’affaires français du Cameroun ; les associations des professionnels des établissements de crédit et des assurances ;, les syndicats des transporteurs, et les organisations patronales du Cameroun.
A titre de rappel, la commission de réforme fiscale et douanière a été créée le 20 avril 2007 par le ministre de l’Economie et des Finances M. Polycarpe Abah Abah.
Elle est chargée d’étudier et de proposer au gouvernement, les voies et moyens d’améliorer le système fiscal national, afin de mettre en place une fiscalité simple, efficace, équitable et de développement, en mesure de concilier l’optimisation des ressources fiscales de l’Etat, et l’incitation à l’investissement privé.
Cette réforme vise à terme à créer les conditions d’une croissance économique forte et durable, apte à financer les politiques de réduction de la pauvreté dans notre pays.
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